137. Les Révoltés du Bounty / Mutiny on the Bounty (1935)

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Synopsis : 1789, le Bounty part vers Tahiti, pour une expédition de deux ans. Le capitaine Bligh s’avère cruel avec tout son équipage et va subir une mutinerie.

Suite au succès de film de la Warner, Capitaine Blood (chroniqué et peu apprécié ici), la MGM produit son film sur bateau en adaptant l’histoire vraie (et un roman) de la mutinerie qui eut lieu sur le bateau anglais le Bounty. Pour cela, la MGM met les moyens tant sur les décors, la technique, la réalisation que sur les acteurs. Et il va sans dire que Charles Laughton est incroyable et compense à lui seul une réalisation plan plan.

Au-delà de l’histoire du Bounty et de sa mutinerie, mené par le lieutenant Christian, incarné ici par Clark Gable contre le capitaine Bligh incarné ici par Charles Laughton, et de l’admiration que j’ai pour cette histoire et pour le courage dont l’équipage de ce vaisseau a fait preuve pour se dresser contre un oppresseur institutionnel, ce qui m’a intéressé dans le film de Frank Lloyd, ce sont les passages se déroulant à Tahiti. Au lycée, j’ai eu l’occasion de lire, d’étudier et de réussir mon bac grâce au Supplément au voyage de Bougainville de Diderot. Je l’ai relu plusieurs fois et je me suis beaucoup questionnée sur cet ouvrage et sur son sens.

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Tahiti, le paradis sur terre, le lieu où l’on oublie tout, le lieu qui nous hante au point de tout abandonner pour y vivre, le lieu pour lequel on est prêt à mourir. C’est cela que les Révoltés du Bounty montre. Et Tahiti devient le déclencheur de la mutinerie. Certains plans force la comparaison entre une jolie tahitienne incarnée par Movita Castaneda (avec laquelle Clark Gable ouvrira le premier bar Tiki, d’inspiration tahitienne) et le capitaine Bligh. Et même si j’adore Charles Laughton, la comparaison est rude. Et face à l’idyllisme de Tahiti, nécessairement, les scènes montrant la cruauté du capitaine sont encore plus horribles qu’elles ne le sont déjà. Mais Tahiti engloutira également une partie de l’équipage, entre ceux qui préfèrent mourir que de quitter l’île et ceux qui en oublient femmes et enfants.

Comme souvent, deux idéaux s’opposent. La rencontre entre le chef du village et le capitaine Bligh symbolise bien cette opposition. Là où le chef arrive avec tout son naturel, le capitaine Bligh lui oppose des faux-semblants, de l’hypocrisie et du mépris. Diderot écrivait par la voix d’un vieillard dans Supplément au voyage de Bougainville :

Nous sommes innocents, nous sommes heureux … Nous suivons le pur instinct de la nature … Ici tout est à tous… Nos filles et nos femmes nous sont communes… Nous sommes libres.

 Face à la violence, la tristesse et la cruauté d’une société occidentale incarné par Bligh, la mutinerie nous semble naturelle. Mais les Révoltés du Bounty nous montre malgré tout que ce n’est pas aussi facile que cela de se révolter. A l’image de l’autre grand rôle de ce film, l’aspirant Byam que je vous laisse découvrir pour ne pas gâcher votre plaisir !

Note : 7/10 – Ah, Clark….

RDV pour le prochain film : Butch Cassidy et le Kid (George Roy Hill, 1969)

Fiche technique :

Réalisation : Frank Lloyd

Scénario : Talbot Jennings, Jules Furthman, Carey Wilson, d’après le roman de Charles Nordhoff et James Norman Hall

Pays  : États-Unis

Durée : 132 minutes

Distribution : Clark Gable, Charles Laughton, Franchot Tone, Eddie Quillan, Movita Castaneda

Distinctions : Oscar du meilleur film en 1936

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