69. If… (1968)

ifSynopsis : Michael, Johnny et Wallace sont élèves d’une public school britannique. Durant une année scolaire particulièrement éprouvante, ils se rebellent contre l’autorité de l’école et du pays.

If… est le premier volet d’une trilogie réalisée par Lindsay Anderson autour du personnage de Michael Travis. Les deux autres films sont Le Meilleur des mondes possible et Britannia Hospital dont j’essaierai de vous faire un petit article à l’occasion.

Sorti fin 1968, le film est directement lié aux évènements de cette année. Bien qu’il ait été tourné avant la succession de manifestations de la jeunesse, il décrit complètement l’atmosphère de cette année particulière et le propos de cette jeunesse qui descendra dans la rue à travers l’Europe. Lindsay Anderson, bien que prenant pour point de départ les Public School et leurs règlements autoritaires et parfois sadiques, décrit un ras de bol général d’une société qui essaient d’avancer sans sa jeunesse.

Nos trois héros vont dépasser les barrières de l’alcool, du tabac, du sexe, trois obsessions que partagent tous les jeunes de cette école. Par exemple, la scène onirique entre Michael et sa copine est absolument magnifique, par son noir et blanc, sa poésie mais aussi son côté un peu « trash » et choquant pour l’époque. C’est un des cotés déstabilisants de ce film : l’alternance couleur / noir et blanc. Celle-ci est due à des problèmes de production et d’achat de bandes vidéos. Ainsi, certaines scènes entières ou certains plans uniquement, filmés en fin de tournage, le sont en noir et blanc et le montage du film joue parfois sur ce détail. Mais le hasard fait bien les choses et cette alternance fonctionne très bien et crée une sorte d’unité artistique. Le spectateur balance du coup entre onirisme et réalité, la réalisation se voulant très rude, le noir et blanc atténue un peu cette impression.

Je ne vous raconterai pas la fin (pour une fois) car c’est certainement la fin de film la plus jouissive que je connaisse. Elle met en avant tout le propos révolutionnaire et anarchiste d’une jeunesse en quête de liberté et d’indépendance.

Un petit mot quand même sur Malcom McDowell que je trouve incroyable dans tous ses films. Kubrick l’a choisi pour Orange Mécanique après l’avoir vu dans If… et on comprend assez aisément pourquoi. Il joue juste et avec une puissance gestuelle qui lui fait crever l’écran.

If… rend hommage aussi à Zéro de conduite de Jean Vigo, présent dans la liste, dont j’espère faire une chronique dans peu de temps.

Note : 9/10 – Incroyable.

RDV pour le prochain film : Le Quatrième Homme (Paul Verhoeven, 1983)

Fiche technique

Réalisation : Lindsay Anderson

Pays d’origine : Royaume-Uni

Durée : 111 minutes

Acteurs/Actrices : Malcolm McDowell,David Wood,Richard Warwick

Récompenses : Palme d’or au festival de Cannes en 1969

Lien IMDB

Cliquez ici pour découvrir le projet

Lien pour marque-pages : Permaliens.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.