61. The Player (1992)

indexSynopsis : Griffin Mill est directeur de production à Hollywood. Il reçoit des menaces de mort d’un scénariste éconduit anonyme par carte postale. Il assassine celui qu’il pense être coupable, courtise sa femme et tente de se débarrasser de son rival, Larry Levy.

Le film s’ouvre sur un plan séquence de 8 minutes. On se ballade à travers les studios hollywoodiens et on profite des discussions sur le cinéma par les gens du cinéma. C’est là le fond vert de The Player : Hollywood, la production, les producteurs….

Pour illustrer cette toile de fond, Altman (c’en est presque une habitude) s’entoure d’un casting absolument monstrueux. Une cinquantaine d’acteurs jouent leurs propres rôles le temps de quelques secondes ou de quelques lignes de dialogues. Des acteurs que l’on tentent de convaincre de revenir à Hollywood (comme Andy MacDowell) à ceux qui ont l’air de traîner là à attendre (comme Malcom MacDowell). Mais pour que cet univers reste fictionnel, Altman choisit une imagerie bien spécifique : celle du cartoon. On se ballade dans un Hollywood fluo, plein de rondeurs et de carton pâte. Ce fond vert a un but : critiquer, même si ce n’est pas la trame principal du film, la difficulté de produire un film et ce que Hollywood fait de ces films. Pour cela, deux histoires s’entrecroisent. Celle du scénariste qui réussit à séduire Griggin et à le convaincre de faire un film sans stars et sans happy-end. La scène finale nous révèlera un happy-end avec Julia Roberts et Bruce Willis… Et il y a le point de départ de l’histoire principale : un scénariste qui s’est fait éconduire par Griffin, qui lui en veut, le menace de mort. Mais Griffin ne s’est plus qui il rencontre, ce qu’il lit. Et d’ailleurs, ce n’est pas le côté artistique qui l’intéresse, il a des quotas, une liste de points à remplir et il ne respecte que ça.

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Sur cette toile, Altman diffuse son film : l’histoire de Griffin Mill. Tim Robbins interprète à merveille ce rôle de producteur ambitieux, séducteur, qui va voir son monde s’écrouler mais va s’en relever plus monstrueux qu’à l’origine. Griffin va passer par toutes les étapes de la déconstruction personnelle : le dérapage qui le mène au meurtre, la perte de confiance en soi, la fuite, le pétage de plombs. Mais Hollywood produit des monstres. Et en un coup, il redevient son personnage, écarte ses ennemis, se fait innocenter et gravit le dernier échelon professionnel qui lui manque. Le film se termine sur une conversation entre Griffin et le scénariste qui le menaçait. Celui-ci lui propose un scénario : celui d’un producteur qui est menacé par un scénariste, tue celui qui pense coupable et réussit à être innocenté. La boucle est bouclée.

Le petit plus qui fait de The Player un film extraordinaire : les affiches de film. Tout au long de l’histoire, Altman pose des affiches de film dont le titre ou l’accroche illustre l’état d’esprit du héros. Une telle finesse mérite tout les éloges…

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Note : 9/10 – Incroyable et jouissif.

RDV pour le prochain film : Faster Pussycat ! Kill ! Kill ! (Russ Meyer, 1965)

Fiche Technique

Réalisation : Robert Altman

Pays d’origine : Etats-Unis

Durée : 120 minutes

Acteurs/Actrices : Tim Robbins, Greta Scacchi, Whoopi Goldberg, Peter Gallagher

Récompenses : Prix de la mise en scène et prix d’interprétation pour Tim Robbins au Festival de Cannes, Golden Globe Award du meilleur film musical ou comédie

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