49. Le Trou (1960)

le_trou01Synopsis : A la prison de la Santé, Gaspard est transféré dans une nouvelle cellule. Ses co-détenus vont l’inclure dans leur plan pour s’évader de prison.

Une super découverte ce film de Jacques Becker, tiré du roman de José Giovanni, ancien détenu qui s’inspire de sa première tentative d’évasion. Comme le titre l’indique, l’action se déroule exclusivement dans un trou, une prison, celle de la Santé, mais aussi dans le trou creusé pour s’évader. Pendant un peu plus de deux heures, le spectateur va suivre toutes les étapes de cette tentative d’évasion.

Ce qui éloigne profondément ce film d’un simple film d’évasion est le sujet, ou plutôt les sujets. Peu importe l’histoire, la seule chose que Jacques Becker met en avant ce sont les personnages. L’évasion en elle-même devient annexe, on espère qu’ils y arriveront. Et pourtant, ce sont des condamnés à mort, ils ne sont pas là par hasard. Mais le réalisateur en donnant aucune indication, et le jeu des acteurs, entraîne le spectateur à ne pas s’en préoccuper. Ainsi, les détenus deviennent des prisonniers dont nous souhaitons la libération. Et, Jacques Becker les filme à la manière d’un documentaire. Le noir et blanc aide à la crédibilité du décor bien entendu.La participation active de José Giovanni et de Jean Keraudy, un des co-détenus de José Giovanni, qui introduit le film et joue le rôle du « chef » de l’évasion, apporte tout les petits éléments, les détails qui forge la véracité d’une histoire

Et surtout, ce film est une belle leçon d’humanité ou plutôt de la recherche d’humanité dans un environnement qui en est dépourvu. Je ne ferai pas de l’angélisme sur les détenus et les prisons. Cependant, on entend souvent un tas de conneries sur la prison. Quand on regarde ce film, on voit la tristesse, la misère, l’horreur du manque d’intimité, du manque de vie, du manque tout court. Dans ce monde inhumain, des amitiés se créent, ici autour d’une évasion. Le personnel de la prison est à la fois autoritaire et compréhensif. Des processus humains apparaissent alors même que les prisons détruisent l’humanité.

Je ne dévoilerai pas la fin et conseille à tout le monde de voir ce petit bijou qui crée un tunnel entre la liberté et l’enfermement.

Note : 9/10 – A voir absolument

RDV pour le prochain film : Les hommes préfèrent les blondes (Howard Hawks, 1953)

Fiche Technique

Réalisation : Jacques Becker

Pays d’origine : France

Durée : 132 minutes

Acteurs/Actrices : Michel Constantin, Jean Keraudy, Philippe Leroy

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