48. The Reckless Moment / Les Désemparés (1949)

indexSynopsis : Lucia Harper s’occupe seule de ses deux enfants, son mari étant sans cesse en déplacement, . Sa fille Beatrice s’éprend d’un homme peu recommandable, Ted Darby. Après une rencontre entre Beatrice et Darby, Lucia retrouve Darby mort. Pour protéger sa fille, elle fait disparaitre le corps et devient alors la proie d’un maître chanteur, Martin Donnelly.

Je dois avoir un contact particulier avec James Mason, c’est le troisième film avec cet acteur que je vois, uniquement grâce à ce projet. Et je dois dire que ni lui, ni le film ne m’a déçue. Sans être un chef d’oeuvre, c’est un petit film noir, tout au moins d’apparence, comme on les aime. Bien joué, bien filmé, bien ficellé.

Le point fort de ce film: réussir à utiliser tout les classiques du film noir pour en faire un drame familial. En effet, toutes les ficelles du film noir sont présentes. Les menaces, le chantage, le meurtre caché, la police soupçonneuse, ne sont là que pour tisser une toile de fond. Le vrai sujet du film est la place de la mère au foyer dans sa famille et dans la société.

Dans les premières scènes du film, on découvre cette mère de famille forte, pleine de confiance, dont le seul but est de protéger son foyer. Même en cas de problème, comme les fréquentations de sa fille, elle refuse d’en parler à son mari, et décide de gérer seule la situation. Mais, quand tout bascule, on découvre la réalité du statut de femme à l’époque. Les réactions patriarcales envers elle, l’impossibilité d’évoluer seule dans cette société. Victime d’un maître-chanteur, Lucia cherche par tout les moyens d’obtenir un prêt. Elle se heurte à la réalité des femmes de cette époque : l’impossibilité de faire quoique ce soit sans son mari. Finalement, ce carcan familial dans lequel elle est enfermée se craquelle peu à peu au contact de Martin, un James Mason très séduisant dans ce rôle. Il va lui offrir, avec une forme d’amour et de tendresse, un peu de liberté et un peu de folie. Elle redevient une femme. Le mélodrame prend bien entendu le pas sur le début de cette romance. Martin mourra mais aura le temps de s’accuser du meurtre de Darby pour sauver celle qu’il aime. Les larmes de Lucia quand elle apprend cela laisse place à l’interrogation : est-ce Martin qu’elle pleure ou les instants de liberté qu’elle vient de vivre ?

Max Ophüls, l’air de rien, réalise une véritable critique de la famille américaine au sein même d’un Hollywood frileux. Le privilège du réalisateur étranger peut-être. Et pour couronner cette petite perle qu’est Les Desemparés, je vous laisserai apprécier les plans-séquences assez impressionnant lors des scènes intérieures de la maison.

Bonus : la scène où Lucia cache le corps de Darby. une scène d’une longueur et d’un émotion intense…

Note : 7/10 – Voilà quoi…

RDV pour le prochain film : Le Trou (Jacques Becker, 1960)

Fiche Technique

Réalisation : Max Ophüls

Pays d’origine : Etats-Unis

Durée : 82 minutes

Acteurs/Actrices : James Mason, Joan Bennett, Geraldine Brooks, Shepperd Strudwick

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