44. Wo Hu Cang Long / Tigre et Dragon (2000)

tigreetdragonASynopsis : Li Mu Bai et Shu Lien vont tenter d’empêcher Yu Jiao Long, jeune fille de bonne famille, de continuer dans sa quête du crime avec Jade La Hyène.

Mon premier, et pendant longtemps, mon seul film de sabre chinois. Je me suis depuis rattrapée. J’ai apprécié d’autant plus de revoir et de revivre la découverte d’un genre, il y a 10 ans, au cinéma. Les combats dans les bambous, les combats d’épée, les combats de … Donc, surtout les combats (c’est mon côté Wu Tang Clan). Et pourtant, mes impressions sont différentes (et non, ce n’est pas que du à l’âge).

Les analyses ont été nombreuses sur ce film. Je ne me permettrai pas d’en proposer une. Mais j’aimerai néanmoins partager une impression, ou plutôt une idée qui m’a sautée aux yeux : la vision des femmes et surtout le féminisme qui ressort de ce film. Sans pour autant tomber dans le cliché, bien que ce soit assez tentant après la sortie de l’incroyablement chiant Brokeback Mountain, je me pose la question suivante : comment le réalisateur du Garçon d’honneur a pu faire de Tigre et Dragon une histoire de femmes et surtout de quelles femmes ? Ang Lee réussit à décrire une société uniquement patriarcale dans laquelle trois femmes essaient par des voies différentes d’accéder à une forme d’émancipation. Shu Lien, interprétée par Michelle Yeoh, va tenter de se libérer d’un monde de chevaliers errants, dans lequel elle n’a pas sa place, en essayant de créer et de vivre une histoire d’amour. Jade La Hyène, interprétée par Cheng Pei-pei (l’héroïne de L’Hirondelle d’or),  s’est libérée du joug patriarcal en entrant dans la criminalité. Et finalement, Yu Jia Long, interprétée par Zhang Ziyi, à qui il revient de faire un choix entre ces deux solutions pour s’extraire d’une condition déplorable, va hésiter sans cesse et en vain jusqu’à cette scène finale où elle se suicidera pour apaiser cette dualité. Car il n’y a pas de place pour l’émancipation féminine dans ce monde. A l’inverse de certains films de sabre où le personnage féminin crée un modèle matriarcal comme référence, le choix de Ang Lee empêche l’épanouissement des personnages principaux. La jeune Jiao Long, qui lutte entre son histoire d’amour, la volonté de la société de la marier et sa volonté d’accéder aux stades les plus élevés du combat, ne vivra libre et heureuse qu’une fois que, du haut du mont Wu Tang, elle casse définitivement ces chaînes.

« Ne me libère pas, je m’en charge » pourrait finalement conclure Tigre et Dragon.

Note : 8/10 – J’adore le bambou…

RDV pour le prochain film : L’heure du loup (Ingmar Bergman, 1968)

Fiche Technique

Réalisation : Ang Lee

Pays d’origine : Taiwan, Hong Kong, Etats-Unis, Chine

Durée : 119 minutes

Acteurs/Actrices : Chow Yun-fat, Michelle Yeoh, Zhang Ziyi, Cheng Pei-pei 

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