43. La Fureur de Vivre / Rebel Without a Cause (1955)

la fureur de vivreSynopsis : Jim Stark, 17 ans, a le mal de vivre sans raison. Il rencontre Platon et Judy, également atteint du mal de vivre de cette jeunesse des années 50.

Film culte s’il en est. Au-delà du mythe James Dean, c’est un instantané d’une époque que nous propose Nicholas Ray. Pourtant, si nous ne pouvons pas comprendre la période charnière des années 50, entre guerres, évolutions de société, et importance des valeurs « anciennes », les thèmes psychologiques évoqués restent intemporels.

Comment sortir de l’enfance ? Comment devenir un homme ? Comment devenir une femme ? Voilà les questions posées. Contrairement au personnage de Platon, qui est lui un rebelle (ses chaussettes en sont le signe particulier), Jim et Judy ne sont rebelles que dans leurs attitudes. Nicholas Ray donne au spectateur tout les indices pour comprendre que leur seul problème est de devoir sortir de l’enfance, alors qu’ils ne le souhaitent pas vraiment. Le singe de Jim ou encore la scène du baiser au père de Judy sont autant de signes de ce problème. Et les deux membres du couple Jim et Judy (on notera le romantisme dans le choix des prénoms, commençant tout les deux par J) font face dans ce conflit enfant/adulte aux problématiques de genre. Jim ne trouve pas les clés pour devenir un homme dans sa cellule familiale. Son père est émasculé par la mère omniprésente. Il subira donc, comme une obligation, des rites initiatiques violents : la bataille de couteau (tourné avec de vrais couteaux, s’il vous plaît) et surtout la course de voitures. Judy, elle, cherche à devenir une femme par son physique. Le rouge à lèvres et la robe de la première scène montre qu’elle cherche à « être grande » mais ne trouve pas les bonnes pistes. Elle n’est pas aidée par les combats de coq de ses amis que se disputent ses faveurs.

Leur seul espoir dans cette recherche : s’isoler et créer leur monde à eux. Ils le trouveront l’espace d’un instant, dans une maison abandonnée où ils ne feront que recréer la cellule familiale qu’ils connaissent. Parce que le monde des adultes leur tend les mains. Mais la réalité va les rattraper et les propulser directement hors du monde idéalisé qu’ils créent. La scène finale dans le planétarium est à la fois forte et émouvante. Forte car elle symbolise l’aboutissement de la recherche de Jim et Judy. Ils tenteront tout pour sortir « leur enfant », Platon, de sa cachette, pour éviter un drame de plus. Emouvante par la mort injuste de Platon. Même si le spectateur sait qu’il n’a pas de place dans cette société, l’espoir de le voir s’en sortir est conservé jusqu’à la dernière minute.

Nicholas Ray réussit son pari : faire un film générationnel mais intemporel. Outre une réalisation qui allie dans la même justesse que son thème le classique et le moderne, l’usage du Technicolor aidant fortement, le film est entièrement porté par le trio d’acteur. Bien sûr, le fait que le film soit sorti un mois après la mort de James Dean dans un accident de voiture, joue énormément sur le mythe de cette jeunesse et crée par ailleurs le mythe James Dean.

Petit Bonus : la prestation de Dennis Hopper bien sûr.

Note : 9/10 – Film culte.

RDV pour le prochain film : Tigre et Dragon (Ang Lee, 2000)

Fiche Technique

Réalisation : Nicholas Ray

Pays d’origine : Etats-Unis

Durée : 111 minutes

Acteurs/Actrices : James Dean, Natalie Wood, Sal Mineo, Dennis Hopper

Lien IMDB

Cliquez ici pour découvrir le projet

Lien pour marque-pages : Permaliens.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *