41. La Belle et la Bête (1946)

imagesL’enfance croit ce qu’on lui raconte et ne le met pas en doute.

Elle croit qu’une rose qu’on cueille peut attirer des drames dans une famille.

Elle croit que les mains d’une bête humaine qui tue se mettent àfumer et que cette bête en a honte lorsqu’une jeune fille habite sa maison.

Elle croit mille autres choses bien naïves.

C’est un peu de cette naïveté que je vous demande et, pour nous porter chance à tous, laissez-moi vous dire quatre mots magiques, véritable « Sésame ouvre-toi « de l’enfance :

Il était une fois

 

Je ne connais rien dans le cinéma de plus beau que La Belle et la Bête. Il n’existe d’ailleurs aucun mot pour décrire le sentiment que j’ai pour ce film. Je vais tout de même tenter de vous expliquer mon rapport à ce film avant de vous convaincre de le voir (l’inconvénient d’Internet c’est que je ne peux pas vous enchaîner à un fauteuil et mettre le DVD).

Et comme dans tout les contes, je commencerai par : Il était une fois… une petite fille de cinq ans qui s’ennuyait. Sa maman décida donc de lui montrer un film : La Belle et la Bête. Tout se passait bien jusqu’à la première apparition de la Bête et ses premiers mots « Vous volez mes roses ». La petite fille se cacha tellement elle eut peur. Puis, la peur passa pour laisser place à la tristesse et surtout à l’espoir. Elle aussi, tout comme Belle rencontrerai un prince charmant par tout à fait beau, pas tout à fait gentil, pas tout à fait prince qui l’emmènerai loin. Depuis ce jour, inlassablement, elle continua de regarder ce film, qui finalement renfermait une part d’elle-même, ou peut-être était-ce l’inverse.

Voilà, plus de 20 ans se sont écoulés depuis mon premier visionnage de ce film. Je continue de me cacher quand la Bête arrive, je continue de pleurer à la fin du film et je continue surtout de croire que j’ai cinq ans. Je n’ai pas toujours vu les mêmes choses en 20 ans. J’ai compris certains « messages cachés » de ce conte que tardivement. Vous me direz, cela ne vous donne pas forcément envie de le voir.

Pour cela, je pourrai vous parler de symbolisme. En prenant pour exemple les objets que la Bête donne à Belle comme preuve de sa confiance. Le gant, le miroir, le cheval, la clé d’or. Tout ces objets comme symbole du passage. Passage de la maison de son père au château de la Bête, passage de l’enfance à l’âge adulte. Tout ces objets qui ramène Belle là où elle doit être, près de celui qu’elle aime. Pour guider le cheval, une phrase doit être prononcée : « Va où je vais le magnifique, va, va, va ». Parce qu’il n’y a pas d’autre endroit où aller.

Je pourrai évoquer les décors et les costumes. Le monde réel, celui du père, est largement inspiré des peintres flamands. Les costumes de Belle évoquent forcément La Jeune fille à la Perle de Vermeer. Tandis que le monde fantastique, celui de la Bête, renvoie à Gustave Doré et ses illustrations des Contes de Perrault. Les mains qui sortent du mur, de la table, les visages des cheminées, les accoudoirs du fauteuil qui rugissent. Tout ces petits effets qui rappellent à l’enfant-spectateur que nous sommes dans un conte.

Je pourrai également vous parler des trucages. Belle qui ne marche pas mais flotte dans l’air, la scène de passage du mur en forme d’hommage à Meliès. Mais aussi de la musique que l’on arrive à oublier parfois tellement elle se fond avec les décors pour ne faire qu’un tout. Du maquillage de Jean Marais qui prenait des heures. Du fait que la Bête ressemble quand même à un gros chat (il paraît que c’est un chien qui a servit de modèle). De Jean Marais avec sa voix grave et sensuelle. De Josette Day et de sa beauté. Des portes qui parlent…

Je passerai des heures à parler de La Belle et la Bête. J’ai eu l’occasion de le revoir encore une fois sur grand écran à l’Institut Lumière et je l’ai de nouveau vu différemment mais en gardant toujours l’âme de la petite fille de cinq ans. Parce que finalement, c’est cela le plus belle argument de ce film : retrouver son âme d’enfant.

Note : 10/10 – Même si je n’en trouve pas vraiment les mots…

RDV pour le prochain film : Femme ou démon (George Marshall, 1939)

Fiche Technique

Réalisation : Jean Cocteau

Pays d’origine : France

Durée : 96 minutes

Acteurs/Actrices : Jean Marais, Josette Day, Michel Auclair, Marcel André

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2 Commentaires

  1. Je n’ai pas découvert ce film étant enfant mais l’effet qu’il me produit reste bien le même.
    Bravo, je ne dirai pas mieux !

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