35. Les Dents de la Mer / Jaws (1975)

wxhml15kSynopsis : A quelques jours du début de la saison estivale, Martin Brody, le nouveau chef de la police de Amity Island, découvre le corps mutilé d’une jeune fille. Celle-ci a été victime d’un requin qui a fait de la plage de l’île son garde-manger.

Marineland, 1995 : j’ai dix ans et je refuse de passer par le tunnel des requins. Une seule raison, j’ai vu par inadvertance Les Dents de la Mer quelques temps auparavant. Depuis, je suis toujours victime de cette peur complètement absurde des requins, comme si j’en croisais tout les week-ends. Inutile de préciser que je n’ai pas revu ce film depuis un peu plus de 16 ans.

Donc tout comme il y a 16 ans : j’ai eu peur. Non pas que le « monstre » et l’hémoglobine m’effraie particulièrement. Un peu comme dans Alien, Spielberg réussit à angoisser le spectateur sur quelque chose que l’on ne voit pas avant la fin du film. Ainsi, j’analyse Les Dents de la Mer comme un assemblage de deux films différents. La première partie est un vrai hommage au suspense de Hitchcock. Spielberg crée une réelle montée crescendo de l’angoisse. La scène avec le faux aileron de requin est d’ailleurs un très bon exemple d’une astuce scénaristique classique de ce type de film. Les scènes de réunion des habitants fait penser, par son décor notamment, aux Oiseaux. Dernier hommage à remarquer, et non des moindres, l’utilisation dans la scène de l’attaque de l’enfant du travelling compensé (travelling arrière sur zoom avant) sur Roy Scheider, travelling créé dans Sueurs Froides. Cette montée d’angoisse est appuyée par la musique de John Williams, qui, bien entendu, chante dans votre tête depuis que vous avez commencé à lire cette chronique. La deuxième partie du film est davantage lié à l’aventure et l’horreur pure en fin de compte. Les trois personnages principaux partent en bateau chasser le requin. L’aventure est au rendez-vous car ils ont quand même l’air de s’amuser un peu, notamment avec la scène de beuverie des trois compères où ils vont comparer leurs cicatrices dans une franche camaraderie jusqu’à ce que Robert Shaw casse littéralement l’ambiance (il en faut toujours un) avec son histoire de soldats bouffés par des requins. Puis, finalement, on tombe dans l’horreur pure avec un requin gigantesque qui va essayer de les manger, le bateau qui est en train de couler… Là, on voit bien la bête, ou plutôt Bruce, le robot-requin qui finalement est tellement mal fait que cela permet de désacraliser un peu le méchant.

J’ai du mal à trouver les points communs et les récurrences qu’il y aurait dans Les Dents de la mer et dans le reste de l’oeuvre de Spielberg. Ou plus exactement, j’ai la sensation que Duel, Sugarland Express, Les Dents de la mer et 1941 sont autant d’essais avant de trouver un style, une unité qui reliera les films de Spielberg. Cette unité, j’aurai l’occasion d’y revenir étant donné le nombre de films de Spielberg présents dans la liste. On retirera néanmoins des Dents de la Mer quelques plans formidables, une musique lancinante, une connaissance du cinéma d’angoisse incroyable (c’était déjà le cas dans Duel par ailleurs).

Alfred Hitchcock pensait que ce qui faisait un bon film, c’était le nombre d’entrées. A ce titre, Les Dents de la Mer est un très bon film et a même « inventé » le concept de blockbuster de l’été. La production crée la recette du succès : le film à gros budget avec effets spéciaux dont tout les médias vont parler et qui attirera des milliers de spectateurs. Tout les films de Steven Spielberg appartiendront d’ailleurs à cette catégorie (à quelques exceptions près) et le réalisateur va devenir rapidement un des plus bankable.

Bonus : Trois films (et non 19) ont suivi ce premier opus, aucun n’est réalisé par Spielberg. Si vous les avez vu, j’attends vos réactions (en attendant de consacrer une soirée nanar à ces trois suites)

Note : 6/10 – Ca me fait beaucoup trop peur.

RDV pour le prochain film : Tous en scène (Vincente Minelli, 1953)

Fiche Technique

Réalisation : Steven Spielberg

Pays d’origine : Etats-Unis

Durée : 124 minutes

Acteurs/Actrices : Rob Scheider, Richard Dreyfuss, Robert Shaw

Distinctions : Oscar du meilleur montage, Oscar de la meilleure musique de film, Oscar du meilleur son.

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