32. Pandora / Pandora and the Flying Dutchman (1951)

pandoraSynopsis : Dans un petit village espagnol, un groupe d’amis évolue autour de Pandora Reynolds, chanteuse américaine qui monopolise toutes les attentions. Elle se fiance avec un pilote automobile mais fait dans le même temps la connaissance de Hendrick Van der Zee et va ainsi côtoyer de près la légende du Hollandais Volant.

Encore un film que je n’avais jamais vu et même dont je n’avais jamais entendu parlé. Je n’ai pas l’impression d’ailleurs que Pandora soit un succès commercial ou critique. Et je ne pense pas que ce soit un film indispensable. Cependant, la beauté de la réalisation couplée à la beauté de son actrice principale en fait une petite perle de cinéma. Je m’attarderai ici sur deux points essentiels pour vous donner envie de passer 2 heures avec cette Pandora : l’art et l’amour (joli programme quand même !).

Albert Lewin a déjà montré avant ce film qu’il aime l’art et qu’il en fait même un personnage à part entière de ses films. Son premier film, The Moon and Sixpence, est basé sur la vie de Gauguin. Le Portrait de Dorian Gray, dont je m’étonne de l’absence dans les 1001 films, adaptation du roman de Oscar Wilde, repose sur un seul tableau, fantastique dans tout les sens du terme. The Private Affairs of Bel-Ami met en avant le tableau La Tentation de Saint Antoine de Max Ernst. Le réalisateur va jusqu’à ne mettre en couleur que les tableaux de ces trois films en noir et blanc. Pandora n’échappe pas à la règle, à l’exception du jeu sur la couleur, ce film étant en Technicolor, et même la généralise à l’ensemble des arts et du film. Le film nous parle de musique, Pandora est une chanteuse, que le spectateur découvre dans la scène suivante :

de sculpture à travers toutes les scènes de la plage, couverte de statues, ombres omniprésentes, délabrées, demembrées, parmi lesquelles les personnages vont évoluer, danser, se disputer…

 

 

 

 

 

 

 

Et enfin, ce tableau, absolument sublime, d’inspiration surréaliste évidente (en grande fan de Magritte, je ne peux que reconnaître la paternité). Le spectateur découvre, dans la scène de la rencontre entre Hendrick et Pandora, un tableau don le visage de la femme n’est pas peint. Le spectateur redécouvre le tableau, dans une scène d’amour poignante, le visage enfin peint, sur le modèle de Pandora :

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour finir, la poésie est omniprésente à travers l’histoire, le poème épique du Hollandais Volant. Geoffrey, archéologue, membre de la « bande de Pandora » et narrateur du film, découvre un livre en néerlandais qu’il n’arrive pas à traduire. Il demande à Hendrick de l’aider à traduire. Hendrick finira par réciter la légende sans la lire, trahissant le fait qu’il est le Hollandais Volant. Il est ce marin condamné à vivre avec les humains six mois tous les sept ans, après la mort de sa femme, dans l’attente de trouver une femme qui acceptera de mourir pour lui. Cette femme sera Pandora, cause de toutes les obsessions des hommes, et même des femmes, qui l’entourent, en référence au mythe de Pandore (on s’en doutait). Cette obsession est mise en valeur par la rivalité amoureuse qui s’organise entre un pilote automobile, avec lequel elle est fiancée, un toréador (à découvrir, la scène de corrida), et notre Hollandais. Albert Lewin amène par l’adaptation et l’évocation de ces deux mythes un lyrisme poétique caractéristique de son oeuvre cinématographique.

Ainsi, nous arrivons à la question de l’amour. Car, plus que trouver une femme qui acceptera de mourir pour lui, Hendrick va retrouver sa femme. Comme dans un certain nombre de films, l’amour ici aussi est éternel et les amants se retrouveront des siècles plus tard. Ava Gardner est, encore une fois, l’incarnation de la femme : sortant de l’eau, elle est filmée telle une muse, une Eve, une femme parfaite. Le romantisme est mis en valeur par la luminosité de ce petit village espagnole et par celle de l’actrice principale dont on ne cessera de crier la beauté.

Vous vous en doutez, j’ai été emballée par ce film, plus efficace pour moi que tout les contes de fées de Disney.

Note : 8/10 – Mêlé le fantastique à l’amour, splendide !

RDV pour le prochain film : Le Faucon Maltais (John Huston, 1941)


Fiche Technique

Réalisation : Albert Lewin

Pays d’origine : Royaume-Uni

Durée : 122 minutes

Acteurs/Actrices : Ava Gardner, James Mason, Nigel Patrick

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