29. Luke la main froide / Cool Hand Luke (1967)

luke

Synopsis : Luke est condamné à deux ans de prison pour avoir cassé des parcmètres. Il refuse de se soumettre aux règles de la prison jusqu’à essayer de s’évader suite à la mort de sa mère.

Je n’avais jamais vu Luke, la main froide et en fait, je n’en avais jamais eu envie. Je pense que cela vient de ma méconnaissance du scénario. Et plus on avançait dans l’histoire, plus je repensais à un film vu au cinéma il y a peu : Dog Pound (rdv à la fin pour ces similitudes).

Alors, que dire de Luke, la main froide. Peut-être le plus grand rôle de Paul Newman. Le personnage de Luke est vraiment très intéressant dans la mesure où l’on ne s’arrête pas au taulard épris d’évasion. Luke devient un symbole : celui de la cruauté, celui d’une société violente. Car, au-delà de l’histoire, il y a cette critique des prisons et de sa violence. On a mal, on a peur, on tremble pour Luke face à l’acharnement d’un système pénitentiaire. Ainsi, le personnage principal change au fur et à mesure du film : ce n’est plus Luke mais l’établissement qui est au centre du scénario. Cette prison très old-school où l’on imagine facilement la création de forts liens d’amitié (à noter la prestation exceptionnelle de tout les personnages secondaires) devient le théâtre du sadisme et des perversions humaines. Luke ne s’échappera finalement jamais de la prison et de ses gardiens.

Et parfois, la réalité s’inspire de la fiction et non l’inverse. Ici, c’est l’expérience psychologique de Stanford qui deviendra le théâtre du sadisme. En 1971, Philip Zimbardo monte une expérience de psychologie comportementale ayant pour but de comprendre les conflits carcéraux. L’hypothèse de départ est que c’est la situation et non la personnalité des protagonistes qui crée les problèmes au sein des prisons. Petit résumé de l’expérience : Zimbardo a placé deux groupes de 12 personnes, les gardiens et les prisonniers dans une « prison » fictive. Le contrôle fut rapidement perdu et l’expérience fut stoppée au bout de 6 jours au lieu de 15 car les « prisonniers » acceptèrent toutes les pires humiliations tandis que les « gardiens » se livrèrent aux comportements les plus sadiques. L’un de ses gardiens imita volontairement le rôle du Capitaine dans Luke la main froide. Il fut le pire des « gardiens » de cette expérience.

Je finirai en évoquant le film Dog Pound de Kim Shapiron (2010). L’action se déroule dans une prison pour délinquants juvéniles. Le personnage de Butch est très proche du personnage de Luke, tant dans la personnalité que dans ce sentiment de justice qui les animent tout les deux. Pour ceux qui ne craignent pas les spoilers, je vous laisse « apprécier » les dernières minutes de ces deux films :

Finalement, le propos du film est là : on ne se libère jamais vraiment de la prison.

 

Note : 8/10 – Des acteurs incroyables pour une histoire incroyable.

 

RDV pour le prochain film : L’étoffe des héros (Philip Kauffman, 1983)


Fiche Technique

Réalisation : Stuart Rosenberg

Pays d’origine : Etats-Unis

Durée : 126 minutes

Acteurs/Actrices : Paul Newman, George Kennedy, Robert Drivas, Strother Martin

Distinctions : Oscar du Meilleur second rôle masculin pour George Kennedy

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