21. Le Dernier Combat (1983)

le_dernier_combatSynopsis : Dans un monde post-apocalyptique, il ne reste que des hommes qui ne communiquent plus. Ils ne savent que s’entretuer. L’un d’entre eux pourtant semble différent.

Tant d’années à dire du mal de Luc Besson pour finir par cette phrase : qu’est-ce que c’était bien !

Je ne reviendrai pas pour autant sur mon avis général sur Besson. Que ce soit en tant que réalisateur, en tant que producteur, ou même en tant qu’individu, je n’ai que peu d’estime pour lui. Mais, pourtant, je sais qu’il faut toujours voir les premiers films des réalisateurs…

Le Dernier Combat est tiré du court-métrage L’Avant-Dernier, dans lequel on retrouve déjà les deux acteurs principaux (Jolivet et Reno) ainsi que Besson lui-même. Dans cette version longue, Luc Besson nous fait donc  suivre un personnage (Pierre Jolivet) dans son errance. Après avoir rencontré une bande de voyous, il sera poursuivi jusqu’à la fin par un tueur (Jean Reno). Dans sa fuite, il va rencontrer un médecin (Jean Bouise) avec lequel il parviendra à établir une communication.

Ce film a le mérite de nous rappeler que, dans une époque lointaine, Luc Besson tout comme Eric Serra était influencé par le mouvement punk. C’est pourquoi on retrouve dans Le Dernier Combat une esthétique proche de Métal Hurlant. Un environnement désertique, des évènements « surnaturels » comme la pluie de poissons. Pourquoi ce monde est-il comme ça et est-ce notre monde ? Aucun élément ne nous est donné. Et c’est cela qui est important finalement. L’absence d’informations force à concentrer son attention sur les personnages, alors qu’eux ne s’intéressent qu’à leur environnement. Dans cet univers, on suivra donc un personnage dans son errance

Deux particularités de réalisation en font une oeuvre de SF particulièrement intéressante : le noir et blanc et l’absence de dialogues.

Même si aujourd’hui le noir et blanc a retrouvé des lettres de noblesse (à voir le succès de The Artist), le choix est osé en 1983.  Très propre et lumineux, ce noir et blanc (repris plus tard par Kassovitz) sert à merveille le propos du film : la violence entre les hommes.

Le choix du film silencieux sert également ce thème. Car, il ne s’agit pas de muet mais réellement d’absence de dialogues. La communication est impossible entre les personnages. la déshumanisation est totale. Et finalement, dans le silence s’installe la violence. La scène d’ouverture montre d’ailleurs une « bande » de voyous qui communique par les coups et les grognements. La violence est réelle, palpable et installe le spectateur dans un malaise et dans un questionnement : celui de l’humanité, de ce qui fait de nous des êtres humains. Il y a un dialogue malgré tout, un « Bonjour » entre l’homme et le médecin. Ce simple mot suffit à émouvoir par sa simplicité et par la difficulté qu’on peut avoir à le dire.

 

Note : 8 / 10 – Mais pourquoi avoir produit Taxi ????

 

RDV pour le prochain film : We are four lions (Chris Morris, 2010)


Fiche Technique

Réalisation : Luc Besson

Pays d’origine : France

Durée : 92 minutes

Acteurs/Actrices : Pierre Jolivet, Jean Bouise, Jean Reno

Distinctions : Prix Spécial du Jury au Festival du film fantastique d’Avoriaz

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