170. Sur les quais / On the waterfront (1954)

Synopsis : Dans le port de New York, le syndicat des dockers est contrôlé par un gang mafieux dirigé par l’avocat Johnny Friendly et Charley Malloy, le frère de Terry Malloy, un ancien boxeur, lui-même docker. Terry va se rendre à son insu complice du meurtre d’un docker qui refusait de se soumettre aux exigences du syndicat et qui voulait dénoncer leurs activités illégales. Il se lie peu après avec la belle Edie, sœur de la victime.

Je vais vous épargner l’éloge de Marlon Brando. Sur les quais fait partie de ces premiers films, ceux qui vont forger la légende. Alors, bien sûr, Marlon Brando crève l’écran. Même si il a l’air particulièrement bête dans ce film. L’archétype du personnage costaud mais crétin.

Je vais vous épargner également le parallèle avec l' »affaire » Elia Kazan. Ce dernier a, en 1952, donné les noms de huit artistes communistes. Beaucoup voit dans ce film une tentative de justification ou tout au moins d’explication de son geste. Comme je ne connaissais pas l’histoire avant de regarder Sur les quais, je n’ai vu aucun indice d’un sous-entendu à ce sujet. Je l’ai plutôt regardé de manière « brut ».

Et « brut », c’est le bon mot. Le personnage de Brando ne fait pas dans la dentelle et reste entier tout le long du film, et ce, malgré ses doutes, ses peurs. La justice doit gagner.

Pour moi, deux scènes veulent tout dire du personnage et du film. La scène sur les toits entre Terry et Edie, là où il lui montre son élevage de pigeons (qui fait particulièrement penser au Ghost Dog de Jim Jarmusch) et lui offre un œuf. Cette scène montre la facette généreuse de la brute, l’œuf symbolisant assez bien la renaissance du personnage. L’autre scène est la scène finale d’affrontement. Terry devient le héros et se laisse frapper par les syndiqués véreux pour montrer aux autres jusqu’où ils peuvent aller et jusqu’où lui est prêt à tenir. Ce sacrifice du héros va créer l’effet de groupe et enclencher la résistance des dockers face aux mafieux qui tiennent le travail et la vie de chacun entre leurs mains. Les deux facettes de Marlon Brando s’expose pour amener au même endroit : l’entièreté du personnage. Que ce soit dans le partage avec Edie ou dans le sacrifice christique, le personnage de Terry est droit, entier, juste.

Note : 8/10 – J’aimerai bien voir ces fameux élevages de pigeons sur les toits.

RDV pour le prochain film : Les sept samouraïs (Akira Kurosawa, 1954)

Fiche technique :

Réalisation : Elia Kazan

Scénario : Budd Schulberg, d’après les articles de Malcolm Johnson

Pays  : Etats-Unis

Durée : 108 minutes

Distribution : Marlon Brando, Karl Malden, Eva Marie Saint, Rod Steiger, Lee J. Cobb

 

Récompenses : Oscar du meilleur film, Oscar du meilleur acteur pour Marlon Brando, Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour Eva Marie Saint, Oscar de la meilleure direction artistique pour Richard Day, Oscar de la meilleure photographie pour Boris Kaufman, Oscar du meilleur réalisateur pour Elia Kazan, Oscar du meilleur montage pour Gene Milford, Oscar du meilleur scénario original pour Budd Schulberg en 1955, Lion d’Argent de Saint-Marc au Festival de Venise en 1955

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2.5.0.0
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