168. Le Dieu noir et le Diable blond / Deus e o Diabo na Terra do Sol (1964)

Synopsis : Manuel fuit dans le sertão avec sa femme Rosa, après avoir agressé son coronel. Ils rejoignent le mystique Sebastião, qui prédit un retournement du monde très prochain. Le saint et ses fidèles sont exterminés par Antonio das Mortes, homme de main des fazendeiros. Uniques survivants, Manuel et Rosa rencontrent les rescapés d’une bande de cangaceiros. Leur lieutenant Corisco veut mettre le sertão à feu et à sang.

Le dieu noir et le diable blond est le deuxième film de Glauber Rocha. J’ai déjà évoqué ici un autre de ses films, Terre en transe, où le réalisateur s’interrogeait et nous interrogeait sur l’engagement politique. Le dieu noir et le diable blond nous demande, une fois cet engagement pris, qui nous guidera. Une fois que l’on a décidé de faire la révolution, comment et vers qui se tourner ?

Etant moi-même persuadée qu’il faut arrêter de chercher la femme ou l’homme providentiel en politique, croyant davantage au collectif et au vivre ensemble qu’à la poursuite d’un but commun dicté par un seul, on va dire que le sujet m’a parlé.

Glauber Rocha filme sans filtres. Il fait chaud, la pellicule suinte, les personnages sont sales, on ne les entend pas toujours bien, les bruits annexes de la nature, du travail, les cris, les plaintes se mêlent à la musique enivrante de Villa-Lobos. Mais, la symbolique est omniprésente, et les références évidentes, dans les costumes, dans les postures.

D’un côté, l’engagement par la religion, de l’autre l’engagement par les armes. Dans les deux cas, un guide, un dieu et un diable, dans une symbolique très simple du bien et du mal, mais quel bien et quel mal ? Et à travers ces deux guides, une prise de conscience de ce qu’est la fameuse lutte des classes. Nos héros ne parviendront jamais à sortir de leur condition. Glauber Rocha nous présente une lutte impossible contre la soif de pouvoir, et prédit la chute de son pays, le coup d’état militaire aura lieu pendant la promotion du film, qui sera sauvé in extremis de la sélection cannoise.

Le spectateur reste avec cette impression définitive, comme un poème à se réciter : le pouvoir est là. Le pouvoir empoisonne l’engagement. Le pouvoir envahit l’esprit. Le pouvoir tue les révolutions.

Note : 8/10 – Octobre d’Eisenstein au Brésil.

RDV pour le prochain film : 2001, l’odyssée de l’espace (Stanley Kubrick, 1968)

Fiche technique :

Réalisation : Glauber Rocha

Scénario : John Hughes

Pays  : Brésil

Durée : 115 minutes

Distribution : Geraldo Del Rey, Yoná Magalhães,Othon Bastos, Maurício do Valle, Lidio Silva,Sonia Dos Humildes, João Gama, Antônio Pinto, Milton Rosa

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2.5.0.0
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