166. Zéro de conduite (1933)

4bfe04503ecd47621d49daf09f0b9e49Synopsis : Les vacances se terminent et il est temps pour les enfants de revenir au collège, un lieu sans joie où les professeurs, des adultes obtus, leur infligent des punitions sévères et les privent de liberté et de créativité. Quatre d’entre eux, punis avec un « zéro » de conduite, décident de se rebeller, avec la complicité d’un nouveau surveillant, Huguet, plus proche de la mentalité des jeunes que de celle des autres adultes.

Bon, Zéro de conduite, je l’ai dans un coffret intégral de Jean Vigo, offert il y a un bon paquet d’années par mon cher et tendre. Comme toujours, il m’a fallu une plombe et ce projet pour en profiter. Et comme toujours, j’ai bien envie de me gronder, pour rester polie, de ne pas l’avoir regardé avant.

Zéro de conduite fait partie des films légendaires pour tout cinéphile. C’est d’abord un projet unique et très personnel mené de bout en bout par Jean Vigo, soutenu par sa bande. C’est un film qui prend place dans la très, trop, courte carrière de son réalisateur. Mais c’est surtout l’histoire d’une censure française. Lors de sa présentation, le film est immédiatement interdit, et il le restera pendant 12 ans, jusqu’à la Libération. En cause, le sujet même du film bien entendu ainsi que tout un tas de plans, dont celui du sexe d’un adolescent.

Zéro de conduite, c’est l’histoire d’une révolte de collégiens, c’est le moment où les enfants disent « non », disent « merde » à l’autorité. C’est le début d’une révolution enfantine. C’est la flamme que l’on devrait garder toujours en devenant adulte. Mais au-delà d’un scénario plutôt jouissif, caractérisé par les rires des enfants dans la scène de la bataille de polochon, Jean Vigo attache à Zéro de conduite des idéaux inspirés par l’anarchisme de son père. Jean Vigo fait de son film une critique de l’autorité. Dans l’univers du collège, cette autorité se matérialise par les punitions, les coups, mais également par les gestes pédophiles d’une institution. Cette critique de l’autorité se croise avec une critique de la religion et de la morale de l’époque. Jean Vigo fait mouche, son film sera taxé d' »anti-français ».

A cette révolte déjà euphorisante, Jean Vigo ajoute de la fraîcheur par sa réalisation. Le montage est parfois fantaisiste, et on ne comprend pas toujours la suite logique des scènes. Les expérimentations sonores de Jean Vigo qui tente de maîtriser le passage du muet au parlant rend également certaines scènes inaudibles. Tous ces éléments techniques ajoutent un souffle particulier à Zéro de conduite. Comme si tout cela était réel et que la révolte n’était pas loin, là, en haut d’un toit.

Note : 10/10 – A vos polochons !

RDV pour le prochain film : Breakfast Club (John Hughes, 1985)

Fiche technique :

Réalisation : Jean Vigo

Scénario : Jean Vigo

Pays  : France

Durée : 42 minutes

Distribution : Jean Dasté, Robert Le Flon, Delphin, Du Verron « Blanchar », Louis Lefebvre, Gilbert Pruchon, Gérard de Bédarieux, Constantin Goldstein-Kehler

 

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2.5.0.0
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