165. La Nuit Américaine (1973)

Synopsis : Le réalisateur Ferrand tourne un mélodrame Je vous présente Paméla à Nice.

J’ai profité d’une séance spéciale dans un cinéma lyonnais pour découvrir La nuit américaine de Truffaut. Je connais très mal son œuvre, à quelques rares exceptions. Cependant, il a posé indirectement sa marque dans mon univers de cinéphile puisque je lui dois mon amour immodéré pour Hitchcock, suite à la lecture des célèbres entretiens des deux réalisateurs, ainsi que ma lecture mensuelle des Cahiers du Cinéma.

Ceci dit, soyons honnête, j’ai parfois envie de me mettre des claques pour ne pas connaître certains films qui pourtant sont très exactement ce que j’aime dans le cinéma. La nuit américaine est entré directement dans mon top 10.

Comme hommage vibrant au cinéma, je ne connais pas mieux. Truffaut réalise une mise en abyme absolue puisqu’il réalise un film montrant le tournage d’un film dont il joue le rôle du réalisateur. Il choisit par ailleurs pour jouer le rôle principal Jean-Pierre Léaud, son acteur fétiche, Jean-François Stevenin joue un assistant réalisateur dans le film et est aussi assistant réalisateur sur le film, certains personnages sont directement inspirés de collaborateurs de Truffaut.

Ce qui transparaît dans La nuit américaine, c’est l’amour de Truffaut pour le cinéma. Mais, pas n’importe quel cinéma. Truffaut, en montrant un tournage qui doit sûrement ressembler au sien, aborde plusieurs thèmes. Il y a d’abord la technicité du cinéma. Le carton-pâte, les bouts de ficelles, l’artisanat qui est mis à l’honneur. J’ai beaucoup pensé au Journal de tournage de La Belle et la Bête de Cocteau en voyant ces scènes où l’envers du décor apparaît de manière très crue, sans filtres, comme pour faire tomber la magie.

Il y a aussi le processus créatif. Là encore, Truffaut expose l’envers du décor, les nuits à réécrire, les aléas du montage, la recherche permanente. Et puis, il y a la vie tout simplement. Les personnages sont tous filmés avec une tendresse inouïe. Truffaut montre l’équipe du film comme une famille, avec ses hauts et ses bas. On y rencontre l’amour, la mort, la déception, les engueulades. Et avant tout, des personnalités, différentes ou similaires, qui doivent vivre ensemble pour arriver à la création d’une pièce. Et peu importe le résultat, ce qui compte est le chemin emprunté ensemble semble nous dire Truffaut.

Note : 10/10 – Un indispensable!

RDV pour le prochain film : Zéro de conduite (Jean Vigo, 1933)

Fiche technique :

Réalisation : François Truffaut

Scénario : François Truffaut, Jean-Louis Richard, Suzanne Schiffman

Pays  : France

Durée : 112 minutes

Distribution : Jacqueline Bisset, Jean-Pierre Léaud, Jean-Pierre Aumont, Valentina Cortese, François Truffaut, Dani, Alexandra Stewart, Nathalie Baye, Jean Champion, Nike Arrighi, David Markham, Bernard Ménez, Jean-François Stévenin, Xavier Saint-Macary, Marie Poitevin, Graham Greene, Claude Miller

Distinctions : Oscar du meilleur film étranger en 1974, BAFTA du meilleur film en 1974

 

Lien IMDB

Cliquez ici pour découvrir le projet

2.5.0.0
Lien pour marque-pages : Permaliens.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.