162. Terre En Transe / Terra em Transe (1967)

Synopsis : A Eldorado, pays imaginaire d’Amérique du Sud, Paulo Martins, à l’agonie, revoit sa vie et, revit dans une représentation allégorique le Coup d’État de 1964 au Brésil.

Terre en transe ne parle pas de politique mais de l’engagement politique. Ce qu’il signifie, ce qu’il implique. Aujourd’hui, plus que jamais, il est important de se questionner sur l’engagement, sur le vote, sur la citoyenneté de chacun. Et Glauber Rocha nous invite à le faire de la manière la plus violente qui soit.

Paulo Martins, notre héros aussi positif que négatif, est un poète, un intellectuel et un militant. Il mettra son engagement au service de deux hommes bien différents : Don Porfirio Diaz, politicien de la capitale, homme des multinationales soutenu par les médias, et don Felipe Vieira, le gouverneur de la province d’Alecrim, leader populiste de gauche élu dans un moment de crise. Toute ressemblance avec des personnages déjà existants est tout à fait fortuite !

Sara, la compagne de Paulo, le convainc de quitter Diaz et sa société bourgeoise, pour soutenir Vieira, ses engagements sociaux, son amour du peuple. Mais ce dernier oubliera rapidement ces promesses électorales, son peuple, les raisons de son élection. Paulo retournera alors vers ses premiers engagements, et vers Diaz, qui lui fera revivre les soirées mondaines. Mais la vacuité de ce monde éclatera au yeux du poète et il se laissera convaincre de mener un dernier combat, plus social mais qui ne l’ai qu’en apparence en réalité. La conclusion de cette histoire étant que :

La politique et la poésie, c’est trop pour un seul homme

Ambition personnelle, retournement de veste, Glauber Rocha expose à travers des allégories, et il est vrai beaucoup (parfois trop) de symbolisme, le coup d’état de 1964 au Brésil. Mais son message reste universel et, se répercute dans beaucoup de situations, d’hier ou d’aujourd’hui et dans beaucoup de pays.

Avec un montage violent et confus, des images durs, une musique parfois agressive, j’ai vécu comme une épreuve de suivre le destin, les pérégrinations, de Paulo. Je n’en dirai pas plus parce qu’il est parfois plus important de vivre l’expérience que de la décrire.

Note : 8/10 – Un moment de vrai réflexion…

RDV pour le prochain film : Laura (Otto Preminger, 1944)

Fiche technique :

Réalisation : Glauber Rocha

Scénario : Glauber Rocha

Pays  : Brésil

Durée : 115 minutes

Distribution : Jardel Filho, Paulo Autran, José Lewgoy, Glauce Rocha, Danuza Leão, Hugo Carvana, Paulo Gracindo

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