159. Forrest Gump (1994)

Synopsis : Assis sur un banc, Forrest Gump raconte sa vie, depuis les années 50 de sa naissance jusqu’à cet instant où il attend le bus.

Forrest Gump s’incrit dans la mouvance des grandes fresques américaines qui permettent, en racontant le destin d’un ou plusieurs personnages, de décrire une époque, un état d’esprit, une Amérique. Ici, Robert Zemeckis va parcourir 40 ans de l’histoire des Etats-Unis à travers un personnage étonnant, celui de Forrest Gump, un homme simple d’esprit. Sorti de la prouesse de Tom Hanks (impossible de ne pas penser au monologue de Robert Downey jr dans Tonnerre sous les tropiques), et de la réalisation académique mélée de quelques prouesses techniques, comme les jambes de Gary Sinise par exemple, ce sont les personnages secondaires qui m’ont le plus intérressée.

Forrest Gump croise énormément de personnages, principalement des personnages masculins. Il y a les personnages connus, trois présidents américains et John Lennon, mais surtout des inconnus. Tous ont un point commun, le malheur. Contrairement au personnage principal qui va réussir à esquiver tous les aléas de la vie, comme si la bétise le sauvait, tous les autres personnages vivent des destins tragiques. Entre ceux qui meurent et ceux qui sont marqués à vie, le drame tourne autour de Forrest Gump. Mais, tous vont d’une manière ou d’une autre remercier Forrest Gump.

Et il y a les deux personnages féminins : la mère de Forrest Gump et Jenny. Entre drogue pour l’une, prostitution pour l’autre, entre les coups, les humilations et autres réjouissances, il y a de quoi faire aussi le malheur des personnages féminins. Toutes les deux pourtant vont rechercher l’approbation de Forrest Gump, jusqu’à leurs derniers souffles. L’extrême onction selon Forrest Gump.

Forrest Gump est souvent présenté comme un feel good movie. Et c’est vrai qu’il y ressemble, avec ces « jolies » phrases, même si j’ai toujours détesté cette histoire de boîte aux chocolats, ces bons sentiments, cette impression que Forrest Gump est la gentillesse incarnée et, qui plus est, est sur Terre pour secourir la veuve et l’orphelin, sans s’en rendre compte. Même si Robert Zemeckis arrive à contourner l’écueil des personnages manichéens, Forrest Gump est quand même un film assez violent. Mais ce qui me gêne le plus, c’est l’absence de prise de position qui fait de Forrest Gump le bon Américain à l’inverse de tous les personnages qu’il rencontre qui ont pour défaut l’alcool, la musique, le gauchisme, l’anti-militarisme, et j’en passe. A l’instar du micro qui se coupe lors de la manifestation de Washington, les voix qui souhaiteraient s’élever contre l’Amérique se sont tues. Et il ne reste plus qu’à demander pardon et à remercier les simples d’esprit.

Note : 8/10 – J’aime bien le chocolat quand même !

RDV pour le prochain film : La Jeune Fille (Luis Bunuel, 1960)

Fiche technique :

Réalisation : Robert Zemeckis

Scénario :  Eric Roth, d’après le roman Forrest Gump de Winston Groom

Pays  :  Etats-Unis

Durée : 142 minutes

Distribution :  Tom Hanks, Robin Wright, Gary Sinise, Mykelti Williamson, Sally Field, Haley Joel Osment

Distinctions : Oscar du meilleur film en 1995, Oscar du meilleur réalisateur pour Robert Zemeckis en 1995, Oscar du meilleur scénario adapté pour Eric Roth en 1995, Oscar du meilleur acteur pour Tom Hanks en 1995,  Oscar du meilleur montage pour Arthur Schmidt en 1995, Oscar des meilleurs effets visuels pour Ken Ralston, George Murphy, Stephen Rosenbaum, Allen Hall et Doug Chaing en 1995, Golden Globe du meilleur film dramatique en 1995, Golden Globe du meilleur réalisateur pour Robert Zemeckis en 1995, Golden Globe du meilleur acteur dans un film dramatique pour Tom Hanks en 1995, BAFTA des meilleurs effets visuels pour Ken Ralston, George Murphy, Stephen Rosenbaum et Allen Hall en 1995

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