158. Derrière le miroir / Bigger than life (1956)

Synopsis : Ed apprend qu’il a une maladie orpheline. Les médecins lui proposent un traitement expérimental à base de cortisone. Il accepte et se rétablit rapidement. Mais son comportement change.

En 1955, le New York Times publie un article sur les effets destructeurs de la cortisone sur la personnalité des malades. Cet article sera le déclencheur de l’écriture du scénario. Le sujet tenait à coeur aussi bien à Nicholas Ray qu’à James Mason, qui produira le film.

Nicholas Ray arrive avec perfection à peindre l’American Way of Life et surtout la façon dont il se brise. La jolie petite maison de banlieue, la voiture qui rutile, les repas en famille préparé par la mère de famille toute la journée (les scènes de repas m’ont fait penser à American Beauty d’ailleurs), le petit garçon bien peigné, la vie sociale bien organisée. On retrouve presque les mêmes décors et les mêmes plans que dans La fureur de vivre. Derrière le miroir a ceci de différent que le personnage qui casse cette vie parfaite américaine n’est pas une personnalité complexe qui va provoquer le désastre comme dans la plupart des oeuvres de Nicholas Ray. Ici, c’est un facteur extérireur qui provoque le désastre : la cortisone. De nos jours, la cortisone est beaucoup utilisée. Voir un film qui présente ce médicament comme un danger est vraiment très intéressant.

Le scénario reste malgré tout subtil. La cortisone va changer le personnage de Ed en un homme méchant, cruel et détaché. Mais Nicholas Ray a esquissé cet aspect de la personnalité de Ed bien avant la prise du médicament. Les affiches évoquant des villes européennes, la dureté que le père peut avoir envers son fils, la façon de s’adresser à sa femme et de la rabaisser, sont autant de signes innocents mais précurseurs d’une faille dans laquelle la cortisone va s’infiltrer. Ed est déjà dans la fuite et dans le rejet de sa famille. La scène des devoirs du garçon est le tournant du film selon moi. Celle où toute la complexité du père, de sa place dans la famille, de toute la charge que cet American way of life fait peser sur lui, va se révéler pour créer une sorte de monstre paternel qui va écraser sa famille sur son passage. Cette scène fait oublier le rôle de la cortisone pour faire ressortir, comme Nicholas Ray sait si bien le faire, la complexité de la société américaine.

Note : 8/10 – Je croyais que la cortisone faisait juste gonfler !

RDV pour le prochain film : Forrest Gump (Robert Zemeckis, 1994)

Fiche technique :

Réalisation : Nicholas Ray

Scénario : Cyril Hume, Richard Maibaum, Gavin Lambertnon, James Mason, Clifford Odets, Nicholas Ray, d’après une histoire de Cyril Hume et Richard Maibaum et un article dans le The New Yorker de Berton Roueché

Pays  :  Etats-Unis

Durée : 95 minutes

Distribution :  James Mason, Barbara Rush, Walter Matthau, Robert F. Simon, Christopher Olsen, Roland Winters

Distinctions : Néant

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