157. La Planète Sauvage (1973)

Synopsis : Sur la planète Ygam vivent les draags, une espèce d’humanoïdes bleus mesurant douze mètres de haut. Les enfants des draags possèdent comme animaux de compagnie , les oms, venant de la Terra. 

Je devais avoir 5 ou 6 ans quand j’ai rencontré pour la première fois le cinéma de René Laloux avec Gandahar qui reste un de mes dessins-animés préférés. Plus tard, j’ai découvert les autres films de René Laloux dont La Planète Sauvage, co-scénarisé avec Roland Topor, pour ceux qui ne suivent pas, c’est le créateur de Téléchat, série qui a traumatisé toute une génération.

Je n’avais pas revu La Planète Sauvage depuis une bonne quinzaine d’années. Et j’ai retrouvé à peu près le même plaisir, si ce n’est que l’oeuvre a pas mal vieilli quand même. Ou en tout cas, la technique du papier découpé, utilisée ici, a perdu le charme de la découverte pour moi. Et comme tout le film repose quasiment sur les dessins et la musique, c’est un peu dommage. Les dialogues sont rares et les explications presque inexistantes.

Mais le propos, à la fois politique et écologique, de La Planète Sauvage résonne aujourd’hui cruellement avec l’actualité. En effet, René Laloux et Roland Topor, à travers l’adaptation du roman de SF de Stefan Wul, pose la question de la place de l’autre, que ce soit d’une espèce ou d’une culture différente. Pour le spectateur, le propos prend tout son sens car l’autre c’est finalement lui, l’être humain, transformé en animal, pour lequel les maîtres n’ont aucune empathie.

Il est aussi question de connaissance qui mène à la liberté. L’émancipation de peuple des oms va se faire tout d’abord par la connaissance et la compréhension du monde qui l’entoure. La Planète Sauvage reprend ici le questionnement classique qui oppose la nature et la culture. Les réactions instinctives des oms encore libres s’opposent à l’apport de la connaissance des oms « domestiqués ». Pourtant, c’est cette connaissance, cette culture, qui va mener à l’émancipation des oms.

La Planète Sauvage reste une oeuvre à part dans le cinéma d’animation. Elle est à la fois un ovni surréaliste, une oeuvre esthétique novatrice mais vieillissante, une fable philosophique malgré tout toujours d’actualité.

Note : 7/10 – Roland Topor a l’art de me faire un peu flipper quand même

RDV pour le prochain film : Derrière le miroir (Nicholas Ray, 1956)

Fiche technique :

Réalisation : René Laloux

Scénario :  René Laloux, Roland Topor, d’après le roman de Stefan Wul

Pays  :  FranceTchécoslovaquie

Durée : 72 minutes

Distribution : Jennifer Drake, Éric Baugin, Jean Topart, Jean Valmont

Distinctions : Prix spécial du jury au Festival de Cannes en 1973

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