156. Un Crime dans la tête / The Manchurian Candidate (1962)

Synopsis : De retour de la Guerre de Corée, le sergent Raymond Shaw est accueilli par sa mère et son beau-père, deux anti-communistes. D’un autre côté, son supérieur, le capitaine Bennet Marco fait des rêves récurrents impliquant son bataillon et particulièrement le Sergent Raymond Shaw dans une sorte de séance d’hypnose collective.

J’aime bien les films à portée psychologique, reste de mes années d’étudiante en psycho. J’ai donc découvert avec plaisir Un crime dans la tête, dont je ne connaissais même pas le remake (qui m’a l’air d’être une bouse cela dit).

Niveau psychologie, le film est hyper chargé, et de genres assez différents. Tout d’abord, il y a le sujet central de l’hypnose. C’est difficile d’en parler sans spoiler le film mais Frankenheimer s’amuse clairement ici avec le concept d’agent dormant, en imaginant une véritable activation à distance suite à une séance d’hypnose collective. Mais cette séance laisse des séquelles, notamment des rêves et des cauchemars chez les protagonistes. Dans ces scènes d’ailleurs, c’est tout le talent de Frankenheimer pour la mise en scène qui se dévoile au spectateur. On assiste à des scènes assez délirantes, à la limite du burlesque, tout en conservant le dramatique intrinsèque du film.

Et puis, il y a la relation entre Raymond et sa mère, interprétée par Angela Lansbury, qui restera à tout jamais pour moi Arabesque. Une relation totalement incestueuse, une vraie caricature de Freud. S’il ne fallait retenir qu’une scène, ce serait le passage de la fête costumée, totalement génial puisqu’on y voit l’ascendant de la mère sur le fils se retourner contre elle et, alors qu’elle est prête à défaillir, le pouvoir lui revient et la relation reprend de plus belle.

Mais Un crime dans la tête n’est pas qu’un thriller psychologique, c’est également un film politique. Petite remise dans le contexte, nous sommes en 1962, en pleine guerre froide. Le maccarthysme n’est pas loin et il ne fait toujours pas bon être catalogué de communiste. Les parents de Raymond symbolise cette Amérique qui a toujours peur du communisme. Et puis, en toile de fond, l’importance grandissante des médias et de la manipulation médiatique. A la fois, par les politiques qui mettent en scène pour les médias et les médias qui exagèrent les faits.

Je ne peux pas ne pas dire un mot sur Frank Sinatra. Il a cru au projet, l’a porté, a investi financièrement pour que le film se fasse mais s’imposant pour le rôle, pas central mais indispensable dans la construction de l’intrigue, du capitaine. Mais alors, autant il danse bien, autant il joue très mal dans ce film. Mais vraiment !Un crime dans la tête est pour moi une oeuvre complexe, à plusieurs entrées. Autant d’entrées que de symboles.

Note : 8/10 – Superbe Janet Leigh mais pitoyable Franck Sinatra.

RDV pour le prochain film : La planète sauvage (René Laloux, 1973)

Fiche technique :

Réalisation : John Frankenheimer

Scénario :   George Axelrod, John Frankenheimer, d’après le roman de Richard Condon

Pays  : Etats-Unis

Durée : 126 minutes

Distribution : Frank Sinatra, Laurence Harvey, Janet Leigh, Angela Lansbury, James Gregory, Lloyd Corrigan, James Edwards, Barry Kelley

Distinctions : Palme d’or au Festival de Cannes de 1976, British Academy Film Award de la meilleure musique de film pour Bernard Herrmann au BAFTA en 1977, British Academy Film Award de la meilleure actrice dans un second rôle pour Jodie Foster (également pour Bugsy Malone) au BAFTA en 1977,  British Academy Film Award de la meilleure révélation pour Jodie Foster (également pour Bugsy Malone) au BAFTA en 1977

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