155. Taxi Driver (1976)

Synopsis : Travis Bickle, un jeune homme du Midwest et ancien marine, est chauffeur de taxi de nuit à New York. Insomniaque et solitaire, il rencontre Betsy, une assistante du sénateur Charles Palantine, candidat à la présidentielle, mais elle le repousse après qu’il l’a emmenée voir un film pornographique. Confronté à la violence et à la perversion de la nuit new-yorkaise, il achète des armes au marché noir et s’entraine à les manier.

Dans le panel des films violents, Taxi Driver arrive souvent en haut de la liste. A la sortie du film, c’était surtout pour sa dernière scène, sorte d’éxutoire de toutes les horreurs subies par la jeune Jodie Foster. Mais, aujourd’hui, c’est davantage la transformation du héros, incarné par Robert De Niro, et la vision du vétéran de guerre que le film véhicule, que Taxi Driver conserve sa place dans la longue liste des films violents mais indispensables.

J’ai beaucoup de tendresse pour le personnage de De Niro. Dès les premières scènes, on découvre un personnage à fleur de peau. De retour du Vietnam, le héros de Taxi Driver découvre que son statut de vétéran n’a aucune valeur et qu’il est devenu inutile à la société. L’engagement politique, qu’il découvre au détour de sa rencontre avec Betsy, va lui sembler être une solution, une réponse à sa volonté de s’engager et de continuer à servir son pays.

Mais sa fragilité psychologique et les séquelles de la guerre vont l’exclure de ce cadre. L’hypocrisie qu’il découvre dès son retour, et qu’il utilise également pour tenter de s’insérer, est flagrante et presque affichée dans ce monde politique. Aucune place n’est faite à la sincérité, et encore moins à la sincérité dont Travis essaie de faire preuve.

Sa rencontre avec Iris, interprétée par Jodie Foster, 12 ans et déjà un talent incroyable, va lui offrir l’occasion de se sentir utile, de trouver une place, même bancale. La sauver va le sauver. L’injustice de la situation de cette enfant, l’horreur de la prostitution, le dégoût que peut amener le personnage de Harvey Keitel, finit d’achever la transformation de Travis.

Ainsi, la violence sous-jacente à la transformation de De Niro, entre le changement de coiffure et les armes scotchés au corps, jusqu’à cette fameuse réplique « You talkin’ to me ? », va se libérer lors de la scène finale. Et c’est la redemption du héros qui va en découler. Une fois vidé de toutes les horreurs, de tous les faux-semblants, de toute la mascarade qui entoure son retour de la guerre, son travail, ses relations sociales, tout comme il a vidé son chargeur sur tous les personnages nocifs qu’il a identifié, une réinsertion sociale est possible.

A partir de ce geste final qui laisse penser que Travis a cherché la mort pour lui aussi, l’avenir s’ouvre de nouveau pour le héros. Tous les démons extérieurs et intérieurs ont été éliminés et une nouvelle vie peut donc commencer. Et il en est de même pour Iris dont Scorcese nous laisse entrevoir, tel un ultime espoir, la renaissance.

Note : 9/10 – N’oubliez pas le caméo de Martin Scorcese !

RDV pour le prochain film : Un crime dans la tête (John Frankenheimer, 1962)

Fiche technique :

Réalisation : Martin Scorcese

Scénario :  Paul Schrader

Pays  : Etats-Unis

Durée : 109 minutes

Distribution : Robert De Niro, Cybill Shepherd, Peter Boyle, Jodie Foster, Harvey Keitel, Leonard Harris, Albert Brooks

Distinctions : Palme d’or au Festival de Cannes de 1976, British Academy Film Award de la meilleure musique de film pour Bernard Herrmann au BAFTA en 1977, British Academy Film Award de la meilleure actrice dans un second rôle pour Jodie Foster (également pour Bugsy Malone) au BAFTA en 1977,  British Academy Film Award de la meilleure révélation pour Jodie Foster (également pour Bugsy Malone) au BAFTA en 1977

Lien IMDB

Cliquez ici pour découvrir le projet

Lien pour marque-pages : Permaliens.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *