154. Les Glaneurs et la Glaneuse (2000)

Synopsis : Agnès Varda rencontre différentes personnes : jeunes, moins jeunes, agriculteurs, RMIstes, salariés, retraités, qui vont glaner, à la campagne, en ville, ou à la mer, ou grappiller dans les arbres après les récoltes, ramasser les légumes ou fruits hors calibre jetés par les entreprises vendant les fruits et légumes, récupérer de la nourriture dans les poubelles des supermarchés, boulangeries ou à la fin des marchés.

Depuis plusieurs mois, en réalité depuis la Cop 21 et l’application 90 jours que j’avais téléchargé à ce moment-là, ma petite famille s’est lancée dans une démarche écologique, que ce soit sur notre consommation énergétique ou encore dans nos achats où nous essayons de privilégier les circuits courts, les produits issus de l’agriculture raisonnée et même le bio dans les produits pour bébé par exemple. Et bien sûr, nous essayons de limiter nos déchets.

J’ai souvent l’occasion de passer sur des marchés après la fermeture. Et je suis souvent attristée par le nombre de cagettes de légumes et de fruits laissés. Mais je n’ai jamais osé sauter le pas du glanage. Je vais bientôt déménager à proximité d’un gros marché, et je pense que je vais me lancer. Et en remercier Agnès Varda.

Que nous montre Les Glaneurs et la Glaneuse ? La pauvreté, la détresse d’une partie de la population face aux problématiques liés à l’alimentation, et en face, une industrie, grosse ou petite, et leurs rapports respectifs au glanage. Agnès Varda ne juge jamais, ni les uns ni les autres, mais les écoute, avec bienveillance. Il y a ceux qui glanent par nécessité, ceux qui glanent par tradition. Et en face, il y a ceux qui empêchent le glanage au nom de la morale, ceux qui laissent faire par envie, ceux qui encadrent le glanage par tradition.

Il y a la loi aussi, représentée par un avocat, qui explique les droits, les limites du glanage. Ou plutôt les possibilités illimitées du glanage, puisque l’on apprend tout ce que l’on peut glaner, aussi bien dans la rue, que dans les champs.

Et puis, il y a Agnès Varda, la glaneuse de vies, celle qui observe et rassemble les petits bouts de vie des uns et des autres pour créer un lien. Ce lien essentiel entre les gens qui manquait à l’époque de la sortie du film et qui continue à manquer cruellement dans notre époque que je trouve de plus en plus individualiste.

Le visionnage de ce documentaire m’a donné envie, et j’espère que ce sera le cas pour chacun, de prendre un sac et de profiter de ce qui est laissé de côté, des légumes du marché, aux télés abandonnées de la Rue de Marseille, en passant par des fauteuils, parfois verts, qui partent vivre une seconde vie !

Note : 10/10 – De l’intelligence, rien d’autre à dire.

RDV pour le prochain film : Taxi Driver (Martin Scorsese, 1976)

Fiche technique :

Réalisation : Agnès Varda

Scénario : Agnès Varda

Pays  : France

Durée : 78 minutes

Distribution : Agnès Varda, Brigitte Laurençon, Julie Solli, Me Raymond Dessaud, Claude M, Guilène M, Marc, Matilde, Michel, Benji, Philippe, Céline de Prades, Cédric de Prades, François L, Charlie P, Salomon G, Alain F

Distinctions : Sélection officielle au Festival de Cannes (hors compétition)

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