151. À Bout de Souffle (1960)

Synopsis : Michel Poiccard, jeune voyou, tue un policier sur la route entre Marseille et Paris. En cavale, il retrouve sa « presque » petite amie Patricia, une jeune américaine, à Paris.

Je dois avouer que j’ai été obligée de dire à ma fille que « dégueulasse » est un gros mot (convention sociale oblige) alors que je ne peux m’empêcher de penser à À bout de souffle et de trouver ça très mignon.

Dans l’Histoire du cinéma, la place de À bout de souffle est résumée par une scène. Une jeune femme tend un exemplaire des Cahiers du Cinéma en criant « Vous n’avez rien contre la jeunesse ?». Et la Nouvelle Vague, avec son trio emblématique  -Truffaut, ici l’idée originale, Chabrol au Conseil artistique et Godard à la réalisation- va trouver sa référence. À bout de souffle reste, encore aujourd’hui, LE film de la Nouvelle Vague. En France, puisqu’outre-Altlantique des Kubrick par exemple ont déjà bousculer les codes, À bout de souffle symbolise un nouveau cinéma. Que ce soit à la réalisation, avec des prises de vues avec son et image naturels, la caméra à l’épaule, les faux-raccords, ou encore au niveau du scénario avec des dialogues improvisés et une histoire qui tient en deux lignes et qui n’est ni un policier, ni une romance mais juste une histoire.

Quelque chose empêche À bout de souffle d’être une leçon de cinéma, de devenir un objet d’étude, d’être mis sous verre et rangé dans les classiques. Peut-être la précipitation, la course ininterrompue de nos deux protagonistes. Peut-être Jean Seberg et sa coupe de cheveux. Peut-être ce mot « dégueulasse ». Peut-être la modernité du noir et blanc. Quoiqu’il en soit, pas une ride et pas une poussière n’est à attribuer à À bout de souffle. La trahison de Patricia est toujours aussi énigmatique, de même que la fuite fatale de Michel. Les références ne datent pas et ce geste de Belmondo, reproduit par Jean Seberg en dernier plan, reste gravé dans l’imaginaire du spectateur.

Je déteste Godard autant que je l’aime. J’ai vu ses premiers films, comme ses derniers. Mais À bout de souffle reste pour moi intemporel. Un film que l’on connaît par cœur mais que l’on peut voir et revoir sans se lasser, sans se sentir vieux. Une parenthèse enchantée de cinéma.

Note : 10/10 – Et, au final, qu’est-ce que c’est dégueulasse ?

RDV pour le prochain film : Hoop Dreams (Steve James, 1994)

Fiche technique :

Réalisation : Jean-Luc Godard

Scénario : Jean-Luc Godard, d’après une idée de François Truffaut

Pays  : France

Durée : 89 minutes

Distribution : Jean-Paul Belmondo, Jean Seberg, Daniel Boulanger, Michel Fabre, Henri-Jacques Huet, Van Doude, Jean-Pierre Melville, Roger Hanin,  Jean-Luc Godard

Distinctions : Ours d’argent du meilleur réalisateur au Festival de Berlin en 1960

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