150. La Couleur Pourpre / The Color Purple (1985)

Synopsis : Celie, 14 ans, jeune fille du Sud, au début du 20ème siècle, est enceinte pour la seconde fois de son père. Elle va être mariée de force à une brute mysogine puis séparée de sœur, la seule personne qui compte dans sa vie.

J’ai toujours beaucoup aimé ce film, plus petite pour l’histoire, puis pour son propos, puis j’ai eu ma période de lecture de Toni Morrisson dont les romans font écho à La Couleur Pourpre, et enfin, j’ai lu, l’an dernier, le roman de Alice Walker, prix Pulitzer, dont est inspiré ce film.

Je tiens au mot « inspiré » parce que, si le point de départ de l’histoire est presque conforme au roman, la seconde partie de la vie de Celie est totalement oubliée, le ton est assez différent et certains aspects ont été largement enlevé au profit d’une réalisation que je qualifierai de « familiale ». Et mon avis sur ce film a changé avec la lecture de l’oeuvre de Alice Walker.

 

Bien que je n’enlève rien à la réalisation de Steven Spielberg, qui réussit à faire un film émouvant, bien filmé, avec des acteurs en devenir assez époustouflants, en particulier Whoopy Goldberg et Oprah Winfrey, et une musique sublime (merci Quincy Jones), il manque quelque chose à La Couleur Pourpre. Et étonnamment, malgré une première partie assez dure, ce qui manque au film se retrouve à chaque page du livre : la violence. Bien que le dénouement soit positif dans le livre comme dans le film, de (trop) nombreux passages de violence sont enlevés dans le film au profit de scènes allant du familial au lacrymal; que ce soit certaines violences envers Celie, certains viols ou bien encore les mutilations subies en Afrique. En fait, le film fait apparaître une violence envers Celie ou envers les Noirs, mais toute la part de féminisme de La Couleur Pourpre a disparu dans le film. Et pourtant, le féminisme est présent à chaque page du livre. Et surtout, à travers un personnage, Shug, et sa relation avec Celie.

Et c’est cette relation entre Shug, la chanteuse, et Celie, qui n’apparaît pas, à l’exception d’un baiser. Or, dans le livre, ce qui fait sortir Celie de sa condition, ce qui l’émancipe, c’est sa relation avec Shug et leur départ pour le Tennessee. Je trouve vraiment dommage d’avoir enlevés l’une des deux relations, avec celle entre les deux soeurs, qui forgent la vie, le destin et la personnalité du personnage principal. Tous les discours sur la libération de la femme, sur l’indépendance, sur le refus des violences conjugales, disparaît dans le film de Spielberg

Au final, en revoyant sous un nouvel éclairage La Couleur Pourpre, j’y ai vu beaucoup plus de bien-pensance qu’avant. Sans parler du côté larmoyant, que je supporte de moins en moins au cinéma.

Bon, il reste quand même cette chanson que je vous laisse écouter ou réécouter…

Note : 7/10 – Pour Oprah, avant sa folie des régimes…

RDV pour le prochain film : A bout de souffle (Jean-Luc Godard, 1960)

Fiche technique :

Réalisation : Steven Spielberg

Scénario : Menno Meyjes, d’après le roman La Couleur pourpre d’Alice Walker

Pays  : Etats-Unis

Durée : 154 minutes

Distribution Danny Glover, Whoopi Goldberg, Adolph Caesar, Margaret Avery, Oprah Winfrey, Akosua Busia, Willard E. Pugh, Desreta Jackson, Dana Ivey, Susan Beaubian, Carl Anderson, John Patton Jr., Laurence Fishburne

Distinctions : Golden globe de la meilleure actrice dans un film dramatique pour Whoopi Goldberg en 1986

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