149. Les Amants diaboliques / Ossessione (1943)

Synopsis : Bragana tient une petite station-service avec son épouse Giovanna. Un jour arrive Gino, un vagabond, que le couple accueille pour quelques jours, en échange de menus travaux. Gino ne tarde pas à s’éprendre de la belle Giovanna.

En lisant le résumé du film, je me suis dit que je connaissais carrément l’histoire. Et pour cause, c’est la troisième fois que je vois une adaptation du roman de James Cain, Le Facteur sonne toujours deux fois, et la deuxième fois pour ce projet, après l’adaptation de Tay Garnett. Mais Luciano Visconti n’ayant pas les droits, le roman et son auteur n’apparaissent pas au générique.

Il s’agit ici du premier film de Luciano Visconti, mais aussi le premier film qualifié de néo-réaliste. Bien que l’on soit tout de même bien éloigné du film emblématique du néo-réalisme italien, Rome ville ouverte de Roberto Rossellini ou encore du Voleur de bicyclettes de Vittorio de Sica, Les Amants diaboliques créé la rupture avec le cinéma italien fascisant de l’époque, coincé entre comédies et péplums. Visconti montre une Italie pauvre, une trattoria délabrée et désertée, une ville d’Ancône sombre et sale, des enfants qui errent, de la prostitution, une Eglise qui n’est plus un point de repère. La scène du train avec Gino et Spagnolo montre bien cette réalité. Gino ne peut pas payer son billet, le contrôleur ne veut que de l’argent, et l’espagnol va payer pour Gino car « il faut s’entraider ».

En effet, le sujet du film, l’histoire d’amour passionnelle entre Gino, le vagabond, et Giovanna, qui a épousé pour l’argent Bragana, n’est qu’un prétexte à ce que Visconti souhaite montrer. Et l’intérêt des Amants diaboliques réside au final dans le film qui se déroule autour de nos deux protagonistes, à travers des arrières-plans et des détails. Le monde autour d’eux est triste, sale, et ils en souhaitent un autre, un beau, un à eux deux. Mais l’Italie de Mussolini, telle qu’elle est dépeinte par Visconti, n’offre pas de salut aux pauvres, aux vagabonds et aux rêveurs. A ce titre, le personnage de Spagnolo est super intéressant. Il va tenter d’offrir une porte de sortie à Gino, et ce à plusieurs reprises. L’autre personnage intéressant de ce point de vue est Bragana, le mari de Giovanna. Bien que présenté comme bourru et inintéressant dans les premières scènes, vu sous l’angle de sa femme, il s’avère être généreux, gentil et il cherche lui aussi à extraire Giovanna de son mal-être.

Mais le titre italien est très clair, Ossessione, c’est l’obsession l’un pour l’autre des deux protagonistes. Alors que l’Italie essaie de changer, de vivre, de s’en sortir, à l’instar d’un troisième personnage récurrent, Anita, une prostituée que va fréquenter Gino avant de retourner, une fois encore, vers Giovanna, le couple va poursuivre sa descente aux enfers et s’auto-détruire.

Note : 7/10 – C’est très long par contre

RDV pour le prochain film : La Couleur Pourpre (Steven Spielberg, 1985)

Fiche technique :

Réalisation : Luciano Visconti

Scénario : Luchino Visconti, Mario Alicata, Giuseppe De Santis, Alberto Moravia (non crédité), Gianni Puccini, Antonio Pietrangeli (non crédité), d’après le roman (non crédité) de James M. Cain, Le facteur sonne toujours deux fois

Pays  : Italie

Durée : 140 minutes

Distribution : Clara Calamai, Massimo Girotti, Dhia Cristiani, Elio Marcuzzo, Vittorio Duse, Michele Riccardini, Juan de Landa, Michele Sakara

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