148. La Souriante Madame Beudet (1922)

Synopsis : Madame Beudet rêve de s’extraire de sa vie monotone.

Germaine Dulac réalise en 1922 avec La Souriante Madame Beudet, l’œuvre la plus importante de la première avant-garde, base du cinéma impressionniste. Ce film en deux actes, adaptée d’une pièce de théâtre à succès, est un objet parfait pour qui rechercherait tous les éléments de ce cinéma si particulier. Germaine Dulac parvient à créer une symphonie visuelle, but du mouvement, en utilisant tout ce que la technique offre à l’époque : la déformation de l’image, la surimpression, le ralenti. Mais elle parvient également à créer une atmosphère propre à jouer cette symphonie, notamment avec l’utilisation minimale des cartons et la mise en image des rêves de Madame Beudet. Ce sont les non-dits que Germaine Dulac met en avant. Les pensées les plus secrètes mais aussi l’imagination de l’héroïne.

Et toute cette technique vient soutenir l’héroïne, et faire de La Souriante Madame Beudet le premier film féministe. Madame Beudet s’ennuie dans sa vie monotone de Province (ce n’est pas moi qui le dit mais le carton) avec son mari commerçant et petit-bourgeois. Ce dernier a pour sale habitude de lui faire du chantage au suicide avec un pistolet non chargé dès qu’elle n’est pas d’accord avec lui. Et au-delà de ça, il la méprise au quotidien, se moquant d’elle tout le temps, l’empêchant de jouer du piano, activité qu’il trouve ridicule. A force de rêver qu’elle le tue, elle charge le pistolet, espérant créer l’accident. Mais l' »accident » sera évité et il pensera qu’elle voulait se tuer, la pauvre petite chose fragile. Aujourd’hui, on parlerait volontiers de torture psychologique et de pervers narcissique (comme dans ce super court-métrage). Mais en 1922, Germaine Dulac est pionnière dans son domaine. Non seulement elle est l’une des premières femmes cinéastes, mais elle choisit de ne traiter ces sujets que sous l’angle féministe, en instillant des idées qui feront les revendications de demain : la liberté, la lutte contre l’oppression bourgeoise, l’égalité, le choix, la lutte contre l’oppression du mari. Et aujourd’hui encore, ces combats ne sont pas terminés.

Et le film est disponible ici.

Note : 10/10 – Ne me libère pas, je m’en charge.

RDV pour le prochain film : Les Amants Diaboliques (Luciano Visconti, 1943)

Fiche technique :

Réalisation : Germaine Dulac

Scénario :  Germaine Dulac, André Obey, d’après la pièce de Denys Amiel et André Obey

Pays  : France

Durée : 54 minutes en version origine, 38 minutes dans sa version d’aujourd’hui

Distribution : Germaine Dermoz, Alexandre Arquillière, Jean d’Yd, Madeleine Guitty, Raoul Paoli

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