141. Breaking the Waves (1996)

Synopsis : Bess, jeune fille vivant encore chez ses parents dans un village d’Ecosse, se marie avec Jan, qui travaille sur une plateforme pétrolière. 

Les dernières péripéties et les dernières œuvres de Lars Von Trier m’avait fait oublier à quel point j’aime son cinéma et à quel point je trouve Breaking the waves d’une beauté époustouflante. En effet, entre les dérapages verbaux du réalisateur, et les derniers films que j’ai volontairement raté, à l’exception de Melancholia, je n’ai rien vu de Lars Von Trier depuis longtemps.

Et pourtant, comme tout cinéphile des années 90, Lars Von Trier, c’est la base. Il fait partie de ces réalisateurs que j’ai découverts seule, de ma culture cinéma, dont je connais les contours que j’ai moi-même tracé, avec d’autres comme Tarantino, Boyle, Fincher…

Ce qui n’empêche que j’avais oublié ce que représente Breaking the waves, et surtout son personnage de Bess. Que dire de ce personnage. Je n’ai jamais autant aimé et détesté en même temps un personnage. Elle m’énerve par son entêtement, mais cet entêtement est tellement beau, ou plutôt sublimé par Lars Von Trier. Parce que toute la complexité de Bess et de son histoire réside là : comment cette rébellion contre un ordre établi, un village, une famille, une religion allant jusqu’à la mort peut devenir un acte d’amour ? Aucune de ses actions ne peut être séparée de l’aspect religieux de sa vie. Bess vit dans une espèce de village pourri d’Ecosse, où il pleut, les gens sont tristes et surtout où il y a cette église rigoriste qui retient en otage tout le village. Est-ce pour ça qu’elle épouse Jan, qui paraît aussi fantasque et que sa mère paraît puritaine ? Pour fuir cette vie triste et morne, pour s’extirper de sa famille ? La première scène d’amour entre Jan et Bess, debout dans la salle de bains en 5 minutes pendant le mariage, montre qu’elle cherche à tout prix à vivre sa différence, à sortir du cadre. Et ensuite, il y a l’accident de Jan, sa paralysie, il frôle la mort. Le carcan religieux éclate pour devenir chez Bess de la superstition (la frontière entre les deux est si infime). Et Bess va devenir l’incarnation du sacrifice. Ce sacrifice deviendra un ultime geste d’amour.

Et Lars Von Trier fait donc joliment passer la pilule d’une agression et d’un viol sous-entendu entraînant la mort qui serait donc un magnifique geste de bonté pure permettant de sauver l’homme au profit d’un amour sans limite. Et des cloches apparaissent dans le ciel. Chapeau, j’y crois à chaque fois, et je me dis à chaque fois que je me suis bien fait avoir…

Et voilà, je suis encore passé de « ce film est magnifique » à « mais non, putain, c’est horrible ».

Note : 2/10 ou 9/10 – Ça dépend si tu me demandes 5 minutes après le film ou 1 heure après.

RDV pour le prochain film : Le projet Blair Witch (Daniel Myrick et Eduardo Sánchez, 1999)

Fiche technique :

Réalisation : Lars von Trier

Scénario : Lars von Trier et Peter Asmussen

Pays  : Danemark, Suède, France, Pays-Bas, Norvège, Islande

Durée : 159 minutes

Distribution : Emily Watson, Stellan Skarsgård, Katrin Cartlidge, Jean-Marc Barr

Distinctions : Grand Prix du jury au Festival de Cannes en 1996, César du meilleur film étranger en 1997

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