140. Kandahar (2001)

Synopsis : Nafas, réfugiée afghane au Canada, reçoit une lettre désespérée de sa sœur qui compte se suicider après un mariage forcé. Elle décide d’aller la chercher jusque dans son village d’origine en Afghanistan.

A ceux qui disent que le 11 septembre a permis de découvrir l’horreur de l’Afghanistan, ou même pire, que le 11 septembre a dégradé la situation, ce film est là pour vous rappeler que ce n’est pas vrai.

Kandahar est un docu-fiction. En effet, Mohsen Makhmalbaf se sert du témoignage de son actrice principale, Nelofer Pazira, partie à la recherche d’un ami d’enfance en Afghanistan. Cette histoire a été transposée dans la sphère familiale. L’héroïne du film, Nafas, part à la recherche de sa sœur, qui lui a écrit qu’elle compte se suicider. Nafas quitte donc le Canada pour l’Iran, où elle compte passer la frontière et retrouver sa sœur dans les trois jours. Il est évident, dès la première scène, que l’important ne sera pas de savoir si elle retrouvera ou non sa sœur, et on comprend même que ce ne sera pas le cas.

Finalement, ce sont les rebondissements du parcours de Nafas, de son passage de la frontière à sa dérive dans le désert en compagnie d’un jeune garçon, tout en passant par le camp de la Croix-Rouge et ses mutilés, qui dessine l’Afghanistan des talibans. Certaines scènes marquent plus que d’autres, celle du médecin par exemple qui regarde sa patiente à travers un trou grand comme un doigt dans un rideau, ou encore ce garçon expulsé de l’école coranique pour ne pas avoir réussi à répéter à ses versets. Quand on apprend aux enfants à ne pas ramasser un jouet par terre car il peut être piégé, quand des soldats talibans trouvent un stratagème pour fouiller des femmes voilées, c’est une vision de l’horreur vécue par tout un peuple qui est décrit, et cela avant le 11 septembre.

Tous les détails, toutes les images, tous les arrières-plans de Kandahar montre au spectateur, de la manière la plus froide, ce que l’Afghanistan vit, en 2001, hors champ. Car c’est là toute la prouesse de ce film, montrer l’horreur sans larmoiement, sans pitié excessive, sans cri du cœur. La réalisation est presque chirurgicale, jusqu’à ce que l’héroïne décroche et que le film passe hors du temps, hors de la géographie, dans un onirisme soudain, comme une pluie de prothèses. Car il ne reste plus rien à ce peuple pour avancer. Et Mohsen Makhmalbaf tout comme Nelofer Pazira ont montré que ce n’était pas près de s’améliorer. L’Histoire a malheureusement montré que c’était vrai.

Note : 9/10 – Où l’on apprend que, malgré tout, on peut trouver du vernis rose, même dans les pires situations.

RDV pour le prochain film : Breaking the waves (Lars von Trier, 1996)

Fiche technique :

Réalisation : Mohsen Makhmalbaf

Scénario : Mohsen Makhmalbaf

Pays  : Iran

Durée : 85 minutes

Distribution : Nelofer Pazira, Hassan Tantai, Hoyatala Hakimi, Ike Ogut, Sadou Teymouri

Distinctions : Prix du jury œcuménique du Festival de Cannes en 2001

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