136. Le Pianiste / The Pianist (2002)

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Synopsis : A Varsovie, pendant la Seconde Guerre Mondiale, Władysław Szpilman, pianiste reconnu et réputé, se cache dans le ghetto pour échapper aux camps.

J’ai vu Le Pianiste il y a 14 ans, lors de sa sortie et j’en avais gardé peu de choses, à l’exception du sentiment d’avoir vu un film très triste, voire lacrymal. Multi-récompensé, multi-salué, multi-vu, je n’en gardais que peu d’images, et principalement issues de la fin du film, le piano, la boîte de conserve, le manteau. Et, c’est à ce moment que je me dis que le cerveau humain est formidable et que le mien m’a fait oublié tout le film, du sentiment d’horreur aux scènes insoutenables.

Je passerai rapidement sur la réalisation précise de Polanski, sur la tendresse et la dureté qu’il met à l’écran, sur ces scènes toujours marquantes, comme le petit vieux en fauteuil roulant lors d’une rafle dans le ghetto ou comme la surdité temporaire de Szpilman suite à une explosion. Je passerai également sur le jeu d’acteur de Adrien Brody, Polanski ayant réussi à nous faire croire que c’était un grand acteur (rassurons-nous, Predators est venu rectifier tout cela depuis).

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Finalement, ce qui me reste du film, et la raison aussi pour laquelle je voudrai lire le livre (il m’attend à la bibliothèque, j’avoue), c’est une scène : l’attente avant de monter dans les trains, avant la déportation. La question se pose parmi tous les juifs qui attendent, ne pourraient-ils pas se révolter et s’enfuir ? Le lien se fait avec la scène où la famille de Szpilman découvre les nouvelles lois et l’apparition de l’étoile jaune, pourquoi la fabriquer et la mettre ?

pianiste

Et je trouve que cette question est terriblement d’actualité. Peut-on vraiment se laisser tyranniser, enfermer, déporter, tuer sans n’avoir rien fait ? Peut-on vraiment rester passif face à une volonté d’extermination, quel soit aussi forte que ce qu’Hitler souhaitait ou plus anodine et quotidienne ? Peut-on accepter que son voisin, son ami mais aussi un inconnu dans le métro ou à Calais se fasse parquer, enfermer, voler, marquer, sans rien en dire ?

Polanski réussit avec le Pianiste à convoquer et à interroger notre humanité. A faire réfléchir, sans culpabilité, ni jugement, sur nos propres barrières, nos limites, sur ce qui nous sépare ou nous rapproche de l’autre.

Note : 8/10 – Et Chopin ne m’a jamais donné autant de frissons.

RDV pour le prochain film : Les Révoltés du Bounty (Frank Lloyd, 1935)

Fiche technique :

Réalisation : Roman Polanski

Scénario : Ronald Harwood, Roman Polanski, d’après l’œuvre de Władysław Szpilman

Pays  : France, Royaume-Uni, Allemagne, Pologne

Durée : 144 minutes

Distribution : Adrien Brody, Thomas Kretschmann, Frank Finlay, Maureen Lipman, Emilia Fox

Distinctions : Palme d’or au Festival de Cannes 2002, César du meilleur film, du meilleur réalisateur pour Roman Polanski, du meilleur acteur pour Adrien Brody, de la meilleure musique écrite pour un film pour Wojciech Kilar, du meilleur décor pour Allan Starski, de la meilleure photographie pour Paweł Edelman, du meilleur son pour Jean-Marie Blondel, Gérard Hardy et Dean Humphreys en 2003, Oscar du meilleur réalisateur pour Roman Polanski, du meilleur acteur pour Adrien Brody, du meilleur scénario adapté pour Roman Polanski en 2003, BAFTA du meilleur film, du meilleur réalisateur pour Roman Polanski en 2003

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