132. Atlantic City (1980)

atlantic-city-movie-poster-1980-1020203350Synopsis : Sally est serveuse à Atlantic City mais rêve de devenir croupière. Elle vit dans le même immeuble de Lou, vieux truand tenant compagnie à une vieille dame. Lorsque son ex-mari et sa soeur enceinte débarquent pour vendre de la cocaïne, tout va basculer (et ce qui leur arrive va vous étonner)

Un décor presque post-apocalyptique, un piano qui sonne presque faux, un Burt Lancaster qui ressemble presque à Burt Lancaster, bref, une Amérique qui ressemble presque à l’Amérique.

Louis Malle s’empare du rêve américain pour le détruire et le reconstruire ensuite, à l’image de son Atlantic City en ruines. Burt Lancaster incarne la vieille Amérique, celle qui s’est pensée toute-puissante, celle qui pensait que tout lui était acquis. Et Susan Sarandon incarne une nouvelle Amérique, celle qui doit tout se créer, celle qui doit se battre pour faire sa place. Atlantic City porte dans son scénario tous les classiques du film de gangster : la drogue, les petites coupures, les gangster, les morts, les flingues et la serveus. Mais, tout cela ressort, à travers le regard de Louis Malle, pâtiner de désillusion, de mélancolie, de compassion et de tendresse. Et finalement, c’est un portrait de l’Amérique que le réalisateur nous offre. L’Amérique qui  a subi la crise et cherche à se reconstruire, en faisant cohabiter deux visages, deux regards sur l’avenir.

Et Louis Malle filme la ville comme un documentaire. Il cherche à peindre une réalité, à faire croire au spectateur que ce qu’il filme est vrai, en baladant sa caméra dans toute la ville, en filmant les travaux, et en laissant la place aux sons naturels de la ville, les klaxons, les cris, le bruit des vagues. Au milieu de ce vacarme évolue donc deux personnages, si différents et si proches, cherchant tous les deux à s’extraire du quotidien pour vivre enfin l’aventure. Mais, quand Susan Sarandon se lave la poitrine avec du citron, c’est Burt Lancaster qui la regarde,quand Susan Sarandon veut partir à Monaco, c’est Burt Lancaster qui veut la suivre. Finalement, comme dans chaque relation déséquilibrée, l’un restera sur le bas-côté pendant que l’autre continuera sa course folle.

Mais, plus que l’histoire, c’est l’ambiance, les mouvements de ville qui accrochent, qui donnent envie de savoir, d’aller plus loin, de voir jusqu’où chacun ira, de voir qui chutera, de voir qui sera absorbé par le tourbillon de l’Amérique.

Note : 7/10 – Pour l’ouverture aux citrons

RDV pour le prochain film : Out of Africa (Sidney Pollack, 1985)

Fiche technique :

Réalisation : Louis Malle

Scénario : John Guare, d’après le roman La Porte en face de Laird Koenig

Pays  : Canada, France

Durée : 104 minutes

Distribution : Burt Lancaster, Susan Sarandon, Kate Reid, Michel Piccoli

Distinctions : Lion d’Or à la Mostra de Venise en 1980

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