131. L’Histoire Officielle / La Historia Oficial (1985)

arton30627Synopsis : Alicia, son mari, chef militaire et sa fille mènent une vie tranquille. Le témoignage d’une amie d’Alicia sur les agissements des militaires pendant la dictature va amener Alicia à se poser des questions sur sa famille.

Octobre 2000, cours d’espagnol. Je suis en seconde. La veille des vacances, mon professeur, réellement espagnol, décide de nous faire visionner L’Histoire Officielle. J’avais, depuis, passablement oublié cette oeuvre. Au tirage au sort, je vais voir qu’est-ce que L’Histoire Officielle. Et là, bien entendu, je me souviens de tout, y compris de mes larmes devant l’horreur de cette histoire.

Le scénario est basé sur l’histoire des Grands-mères de la Place de Mai, une association de grands-mères qui souhaitent retrouvés les 500 enfants enlevés par la dictature argentine et adoptés par des militaires ou des proches du pouvoir. A ce jour, 119 des 500 enfants ont été retrouvés.

Afin de ne pas vous dévoiler plus que cela l’histoire, bien que je sois déjà bien avancé, je vais m’arrêter là sur le scénario et vous parler de la vraie trouvaille de ce film : le silence. En effet, comment parler des secrets, comment parler des non-dits, comment parler des inquiétudes, comment parler des insomnies si ce n’est en invoquant le silence qui les constituent. Luis Puenzo impose non seulement le silence à ces personnages mais également au « fond sonore ». Et j’avoue être très sensible au silence total. L’Argentine a souffert, mais elle l’a fait en silence. Et c’est quand, enfin, Alicia pose les questions, ose répondre que le silence explose pour laisser la place aux vacarmes des révélations et des vérités. Il y a trois scènes clés dans ce film, les révélations de l’amie d’Alicia, la manifestation des grands-mères de la place de mai et les questions qu’Alicia va poser à son mari. Toutes les trois sont enduites de silence jusqu’à ce qu’Alicia pose les questions qui la hantent. Au-delà du sujet même, Luis Puenzo parvient à vous bouleverser à travers le silence d’une salle de bains, d’un couloir, d’une manifestation. Et les larmes vous monteront forcément aux yeux.

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Pour en savoir plus, le site de l’association, http://www.abuelas.org.ar/, et un article sur le dernier enfant identifié

(http://www.courrierinternational.com/article/argentine-un-nouveau-bebe-vole-sous-la-dictature-retrouve-sa-mere).

Note : 8/10 – Pour apprendre et pour comprendre

RDV pour le prochain film : Atlantic City (Louis Malle, 1980)

Fiche technique :

Réalisation : Luis Puenzo

Scénario : Luis Puenzo, Aída Bortnik

Pays  : Argentine

Durée : 112 minutes

Distribution : Norma Aleandro, Héctor Alterio, Chunchuna Villafañe, Chela Ruíz

Distinctions : Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1986, Prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes 1985 pour Norma Aleandro

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