13 . La Garçonnière / The Apartment (1960)

images « Shut up and deal »

Synopsis : C.C. Baxter, employé d’une grande compagnie d’assurance, a pour habitude de prêter son appartement à ses supérieurs pour leurs aventures extra-conjuguales. Jusqu’au jour où il retrouve chez lui Fran, collègue dont il est amoureux mais aussi maîtresse d’un des cadres de la société.

Voici un film que je n’avais pas vu depuis très longtemps mais qui demeure toujours aussi agréable à regarder.

Alors que le démarrage du film est une comédie « à l’américaine » faite de situations incongrues, le film prend une tournure plus dramatique mais plus romantique également. Je vais laisser ici le côté comédie justement, le pensant complètement annexe dans ce film.

Au premier abord, le film n’a rien de choquant et rien de particulièrement dérangeant. Et pourtant, remis dans le contexte de l’époque, un homme prêtant son appartement à ses supérieurs pour grimper les échelons n’est pas un scénario classique. Billy Wilder réussi à exposer ce qu’il imagine être les dérives de l’industrialisation. Que ce soit les chiffres extravagants que le personnage principal décline dans l’introduction, la perspective de l’infini des bureaux du 19ème étage, rien ne différencie un employé d’un autre (un peu comme dans Brazil). Finalement, l’individu est obligé d' »acheter » sa promotion. Jack Lemmon incarne cet opportuniste, qui finalement s’avère avoir pris la place d’un employé trop gradé maintenant pour le faire. La critique est délicate mais acerbe tout de même.

Ensuite, il y a le sexisme. Vaste sujet dirons-nous. L’image de la secrétaire/maîtresse (image bien ancré dans les esprits aujourd’hui) exposée au grand jour. Cette image choque particulièrement dans la scène de la fête de Noël. Nos protagonistes se retrouvent plongés dans une totale débauche de fumée, d’alcool, de sensualité. Les femmes dansent sur les tables, en sont presque à se déshabiller, les hommes bavent, alors que tout le monde est sur son lieu de travail. Comme si, les bureaux étaient une vie à part. Mais Billy Wilder rappelle aussi que les maris font croire qu’ils divorceront.La réalité est différente.

Et finalement, cela nous mène à la question cruciale de ce film, à mon sens en tout cas, jusqu’où peut nous mener l’amour ? La tentative de suicide de Fran est assez marquante. Et en particulier, la longue scène avec le médecin qui tente de la réveiller. Le drame s’est installé. Ce qui sauvera notre futur couple de leur carence affective, c’est le romantisme, mais sans mièvrerie, sans grandes émotions.C’est d’ailleurs ce qu’on retiendra sûrement de la réalisation de Billy Wilder : la délicatesse et la simplicité.

Mais, malgré toutes les qualités de ce film, je reste étonnée des 5 oscars obtenus. Et la même année que Psychose et Spartacus. Je ne suis pas sûre que cette garçonnière méritait l’oscar du meilleur film.

Pour finir, une petite dédicace :

 

Note : 7 / 10 – Un très bon moment mais pas chef d’oeuvre non plus…

RDV pour le prochain film : Zombie (George A. Romero, 1978)

Fiche Technique

Réalisation : Billy Wilder

Pays d’origine : Etats-Unis

Durée : 125 minutes

Acteurs/Actrices : Jack Lemmon, Shirley MacLaine

Distinctions : Oscar du meilleur film, Oscar du meilleur réalisateur, Oscar du meilleur scénario original, Oscar de la meilleure direction artistique, Oscar du meilleur montage

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