125. Le Déclin de l’Empire Américain (1987)

téléchargement (1)Synopsis : A Montréal, 4 hommes et 4 femmes s’apprêtent à passer le week-end ensemble dans la maison de campagne de deux d’entre eux.

Quand j’étais petite, je me suis vite aperçue que je faisais partie de la classe dite « populaire », que ce soit par les problèmes d’argent, le fait de vivre dans le Beaujolais, d’avoir pour seule activité le samedi soir que le bal et Michel Sardou. Mais ma mère a malgré tout réussi à nous inculquer, à mon frère et à moi, une curiosité culturelle et à nous écarter un peu du chemin. J’avoue avoir été fascinée, et l’être toujours, par l’intellectuel, lecteur de Télérama et des Cahiers du cinéma, utilisant des mots de plus de 2 syllabes et parlant d’auteurs classiques comme s’il les connaissait personnellement.

Et Le Déclin de l’Empire Américain, c’est un peu ça pour moi. Je me rends bien compte, plus de 15 ans après l’avoir vu la première fois, que c’est un peu ridicule. Mais, j’ai toujours un petit sourire au coin des lèvres quand je pense aux dialogues du film. Et, admettons-le, avec l’âge, je suis devenue une bobo, qui lit Télérama et les Cahiers du Cinéma.

Alors, c’est quoi exactement ce Déclin ? On pourrait résumer assez facilement en parlant de dialogues bourrés de mots en -isme entre 8 personnages, certains en couple, d’autres non, certains homos, d’autres hétéros, personnages se regardant le nombril principalement. Mais, ce Déclin est un peu plus que cela. Il est une photographie d’une époque et d’une génération, celle des baby-boomers qui ont vécu la libération sexuelle et la libération intellectuelle mais qui vivent malgré tout dans un carcan social classique. Et puis, il y a ces petits détails qui font la différence ; les hommes font la cuisine pendant que les femmes font du sport (et peut-on honnêtement dire que c’est courant au cinéma ?) tout en évoquant plus tard la différence de rémunération entre les hommes et les femmes, on évoque le Sida, on filme les enfants de divorcés, on parle des difficultés à rencontrer « l’autre » et on parle politique. Mais surtout on parle, on disserte, on écoute, on analyse, on intellectualise.

Certes, Le Déclin de l’Empire Américain peut paraître prétentieux pour certains, chiants pour d’autres. C’est pas faux. Mais, souvent, ça fait du bien. De se rappeler que le dictionnaire a plus de 10 mots, que les mots ont une signification et que c’est bien de savoir les utiliser.

17 ans plus tard sortira une suite, Les Invasions Barbares (que j’essaierai de chroniquer rapidement).

Note : 8/10 – Pour le motard sorti de nulle part.

RDV pour le prochain film : La Ruée vers l’Or (Charlie Chaplin, 1925)

Fiche technique

Réalisation : Denys Arcand

Pays d’origine : Canada

Durée : 102 minutes

Acteurs/Actrices : Pierre Curzi, Rémy Girard, Yves Jacques, Daniel Brière, Dominique Michel, Louise Portal, Dorothée Berryman; Geneviève Rioux, Gabriel Arcand

Récompenses : Prix de la critique internationale (FIPRESCI) au Festival de Cannes en 1986, Meilleur film en langue étrangère au New York Film Critics Circle en 1986, Meilleur film canadien et Prix du public au Festival international du film de Toronto en 1986


Cliquez ici pour découvrir le projet

Lien IMDB

Lien pour marque-pages : Permaliens.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.