121. La Vie d’Emile Zola / The Life of Emile Zola (1937)

the-life-of-emile-zola-1Synopsis : Empâté par le succès, Emile Zola sort de sa petite vie de patachon pour prendre la défense de Alfred Dreyfus.

Le titre est un peu trompeur. Je m’attendais à voir toute la vie d’Emile Zola ou presque portée à l’écran. Mais le réalisateur se focalise en réalité sur un évènement : l’affaire Dreyfus. Le film démarre sur Zola et Cézanne, leur pauvreté, leurs réflexions et la rencontre avec Nana. Puis, les premiers succès de Zola. En parallèle, l’histoire de Dreyfus démarre, avec une magnifique scène où le réalisateur annonce directement la couleur : il nous montre le vrai coupable, les discussions pour chercher un coupable, la facilité avec laquelle Alfred Dreyfus est désigné comme tel. C’est Cézanne qui intervient de nouveau en se moquant de son ami, de son poids et en l’intimant de prendre parti. Et Zola le fera durant les cinq dernières années de sa vie. Bon, à ce stade, on en est à 20 minutes de film ! Il reste donc une bonne heure et demi au réalisateur pour parler de Dreyfus, de l’engagement de Zola, de l’antisémitisme, de l’injustice totale de cette affaire.

Le propos n’est pas révolutionnaire, ni à l’époque, ni aujourd’hui. Mais William Dieterle a pour mérite de présenter les choses clairement. Les scènes de Dreyfus au bagne par exemple, ou les discussions de l’Etat-Major, tout est exposé assez clairement. Et, du coup, le personnage de Zola, incarné par Paul Muni, prend une ampleur particulière. Le réalisateur ne le présente pas comme un héros immaculé. Zola est gros, vaniteux, ignore tout du monde hors de son fauteuil. Et il va (re)découvrir à travers Dreyfus les valeurs qui le faisait vibrer au début de sa carrière. Lors des scènes de procès, ou même encore plus lors de la lecture de J’accuse, Paul Muni se transfigure pour apporter toute  la puissance mais aussi les regrets et l’horreur de l’injustice à ce personnage emblématique.

La réalisation n’est pas révolutionnaire non plus. Les effets sont classiques mais efficace. L’interprétation des acteurs par contre est très forte. A commencer, comme je l’ai déjà dit, par celle de Paul Muni mais aussi celle de Gale Sondergaard, qui joue la femme de Dreyfuss, et qui ne pourra que vous tirer les larmes par la justesse et l’émotion qu’elle dégage.

Note : 8/10 – Une très bonne biographie.

RDV pour le prochain film : To be or not to be (Ernst Lubitsch, 1942)

Fiche technique

Réalisation : William Dieterle

Pays d’origine : Etats-Unis

Durée : 116 minutes

Acteurs/Actrices : Paul Muni, Gloria Holden, Gale Sondergaard, Joseph Schildkraut

Récompenses : Oscar du meilleur film en 1938, Oscar du meilleur scénario en 1938 pour Heinz Herald, Geza Herczeg et Norman Reilly Raine, Oscar du meilleur second rôle masculin en 1938 pour Joseph Schildkraut.

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