117. La Grande Illusion (1937)


arton10841Synopsis : 
Pendant la première guerre mondiale, le lieutenant Maréchal et le capitaine  de Boëldieu sont faits prisonniers et envoyés dans un camps au coeur de l’Allemagne.

Encore un classique découvert. Je ne suis pas très film de guerre. Que ce soit les classiques militaires ou juste ceux en rapport. Mais j’ai été super étonnée par La Grande Illusion.

Bien sûr, c’est le propos du film, mis en perspective avec sa date de sortie, qui joue beaucoup. De l’inutilité de la guerre et la critique du nationalisme en passant par les propos sur les classes sociales et la fin de l’aristocratie, tous les sujets de l’entre deux guerres sont traités. Un film aussi pacifiste quelques années avant le déclenchement de la seconde guerre mondiale, ça forge le respect. Du coup, vous vous en doutez, La grande illusion a été interdit en France comme en Italie ou en Allemagne mais surtout La grande illusion n’a pu être diffusé dans sa version initiale, c’est-à-dire avec les scènes coupées deci delà par les différents régimes, avant 1958.

Le plus étonnant dans ce film, ce sont les personnages secondaires. Bien que les personnalités et les histoires soient moins exploitées que celles des deux (mais en réalité trois) personnages principaux, Jean Renoir rend attachant chacun d’entre eux. J’en prends pour exemple le soldat prisonnier qui se déguise en femme dans la scène des essayages du théâtre. Ce personnage dont, je crois, on ne connaît même pas le nom, dégage tellement de tendresse et de simplicité que l’on cherche à savoir à chaque plan ce qu’il devient. D’ailleurs, la scène de cabaret qui suit les essayages est d’une beauté sans nom et la Marseillaise qui suit ne peut que provoquer la chair de poule, même à moi qui ne peut pas encaisser les drapeaux. En tout cas, Jean Renoir dresse ainsi un tableau de tout ce que l’armée comptait comme personnages différents et nous engage vers une autre vision de celle-ci : la rencontre de soldats qui sont aussi perdus d’un côté que de l’autre mais qui créent au milieu de cette guerre des liens de respect et d’amitié. Il n’y a pas de bons et de méchants avec Jean Renoir.

Petit bémol néanmoins sur la dernière partie du film qui se passe en Suisse. Cette partie tranche radicalement, tant sur le rythme que sur le propos avec le reste du film. Sans être complètement inutile, elle n’apporte rien de plus aux personnages principaux et coupe justement la galerie de portraits que je trouve si intéressante dans la première partie du film.

Note : 8/10 – Il était un petit navire n’aura plus jamais le même sens.

RDV pour le prochain film : L’Hirondelle d’Or  (King Hu, 1966)

Fiche technique

Réalisation : Jean Renoir

Pays d’origine : France

Durée : 114 minutes

Acteurs/Actrices : Jean Gabin, Pierre Fresnay, Erich von Stroheim, Marcel Dalio

Récompenses : Prix du meilleur ensemble artistique à l’exposition internationale d’art cinématographique de Venise, Prix du meilleur film étranger décerné par la critique américaine en 1938

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