109. Salò ou les 120 Journées de Sodome / Salò o le 120 giornate di Sodoma (1976)

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Synopsis : 
Quatre notables italiens organisent, dans une demeure à l’écart, dans la région de Salo, la capture, la torture et la mort 9 jeunes garçons et 9 jeunes filles.

Quand j’ai démarré ce projet, j’espérais avoir craqué avant de devoir revoir Salo. Non seulement je n’ai pas craqué malgré les péripéties de la vie (sortez les violons svp) mais j’ai revu Salo.

Je ne vénère pas particulièrement Pasolini. Ou plutôt, j’aime certains de ces films mais je connais mal son oeuvre. En même temps, et pour ma défense, un des premiers films de ce réalisateur que j’ai vu, c’est Salo. Et ça calme.

Il me paraît très compliqué de faire une critique construite de ce film et ce pour plusieurs raisons. Je pourrais vous parler de Salo au sein de l’oeuvre du réalisateur, mais mes connaissances sont limitées à ce sujet. Je pourrais me centrer sur une scène, un passage, un personnage mais je me refuse, pour des questions de pudeur et d’auto-censure assumée, à décrire un seul passage de ce film.

La première fois que j’ai vu Salo, c’était il y a une dizaine d’années et j’ai, par la suite, considéré ce film trop dégoûtant (cela semble être le bon mot) pour être analysé. Et puis, en le revoyant, je me suis aperçue que le propos était plus intéressant qu’il n’y paraissait. Non pas que le film m’ait moins dégoûtée que la fois précédente, mais je suis maintenant persuadé que Salo n’est pas un film à regarder. Pasolini n’a pas cherché à nous montrer quelque chose mais à nous faire détourner le regard.  Ne pas supporter ces scènes est normal et sain. Bien que tous les actes que les quatre notables opérent sur les jeunes hommes et les jeunes filles enlevés soient inspirés du livre du Marquis de Sade, Les Cent Vingt Journées de Sodome, la mise en image de passages de viol, de zoophilie, de pédophilie, de scatologie, j’en passe et des meilleures, le tout dans une lumière froide, enchaînant les plans de manière très dure et méthodique sur fond de Carmina Burana, est à la limite du soutenable. La justesse de ces plans et la véracité de l’image dérangent, je pense et j’espère, même le moins sensible des cinéphiles. Mais, il ne faut pas oublier que Pasolini ne croyait pas ou plus en l’humanité. Et c’est ce désespoir de voir dans les années 60 un retour de manifestations fascistes en Italie qui porte le film. Ainsi, sa volonté de placer l’action du film dans la république de Salo, république fantoche fondée par Hitler pour Mussolini, et de faire des quatre protagonistes des archétypes de fascistes prend tout son sens. C’est le fascisme qui est dépeint dans tout ce qu’il a de plus pervers, de plus crasse, de plus dégueulasse. Le mélange de référence érotico-porno-trash et de l’histoire du fascisme italien font, à mon sens, de Salo un film uniquement politique. Mais, le trash justement et la provocation créent une barrière et empêchent de comprendre et d’analyser correctement le propos.

Un petit apparté pour expliquer que mon analyse se base sur le fait que Pasolini a été assassiné peu de temps après la sortie du film. On ne saura jamais si Salo était le commencement d’un basculement vers le trash du réalisateur ou seulement une oeuvre politique hargneuse et unique dans sa filmographie. Je penche, pour ma part, pour la seconde possibilité.

Je vous laisse juger par vous-même si vous en avez le courage et me faire partager vos impressions.

Note : entre 1/10 et 10 /10 – Parce qu’il n’y a aucune échelle permettant de noter Salo.

RDV pour le prochain film : Anvil! The story of Anvil (Sacha Gervasi, 2008)

Fiche technique

Réalisation : Pier Paolo Pasolini

Pays d’origine : Italie

Durée : 117 minutes

Acteurs/Actrices : Paolo Bonacelli, Giorgio Cataldi, Umberto Paolo Quintavalle, Aldo Valletti

Lien IMDB

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Lien pour marque-pages : Permaliens.

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