10. Huit heures de sursie / Odd Man Out (1947)

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« Cette histoire ne relate pas la lutte politique entre une organisation illégale d’Irlande du Nord et la loi, mais plutôt, le conflit moral de gens qui se trouvèrent impliqués sans le vouloir dans cette lutte. »

Synopsis : A Belfast, Johnny McQueen est le chef de l’Organisation évadé de prison depuis 6 mois. Caché chez Kathleen Sullivan, il organise le casse d’une usine. Tout tourne mal : Johnny tue un homme, est blessé et se retrouve seul dans les rues de Belfast.

Moi qui ne connaissais pas du tout l’oeuvre de Carol Reed, c’est donc mon deuxième en peu de temps. Autant pour Le Troisième Homme, il s’agissait plutôt de paresse, autant je n’avais jamais entendu parlé de Huit heures de sursis. Par contre, je suis à deux doigts de me faire l’intégrale de ce réalisateur (en tout cas, je regarderai certainement Oliver, dont j’ai beaucoup entendu parler).

Alors que le film commence à 16h00 comme un policier classique. Une scène de réunion de l’Organisation. On prépare un hold-up. Il se termine à minuit dans un romantisme proche de Roméo et Juliette. Le glissement entre les deux : la réalité.

Une fois les bases de son personnage posé, l’échec du casse, le meurtre d’un homme et la blessure à l’épaule, le réalisateur transforme une basique poursuite policière en une poursuite morale et sociale. Durant sa cavale, le héros va rencontrer une galerie de personnages tout aussi différents les uns des autres. A commencer par l’inspecteur qui veut l’arrêter et Kathleen qui veut s’enfuir avec lui. Mais, Johnny va également croiser plein de personnages qui vont l’aider volontairement ou involontairement : deux soeurs, un cocher, un vagabond, un peintre, un prêtre. Tout ces personnages tisse la toile de la poursuite de la moralité : qu’est-ce qui différencie le bien du mal ? Comment obtenir le pardon ?

Ce qui rend ce film vraiment intéressant est la poésie que Carol Reed intègre à cette cavale. Elle se retrouve dans les oiseaux du vagabond. Elle se retrouve également dans la scène avec le peintre, qui n’est pas sans rappeler les scènes dessinées par Dali dans La maison du docteur Edwardes de Hitchcock.

L’apogée de toute cette cavale réside dans la scène finale très angoissante. Le couple réuni mais retrouvé par la police n’a plus aucune issue. Même si on en connaît la teneur, l’attente est interminable jusqu’à la libération du spectateur et de Johnny.

Un film à mi-chemin entre le film noir classique et le drame romantique. J’avoue avoir pleuré à la fin. J’avoue également que j’ai été plus touché par cette histoire que par celle du Troisième Homme.

Note : 8 / 10 – Ce film rentre directement dans ma liste des films peu connus à voir absolument.

RDV pour le prochain film : Le Pont de la Rivière Kwai (David Lean, 1957)

Fiche Technique

Réalisation : Carol Reed

Pays d’origine : Royaume-Uni

Durée : 116 minutes

Acteurs/Actrices : James Mason, Kathleen Ryan, Denis O’Dea

Distinctions : nomination  pour l’Oscar du meilleur montage, nomination pour le Lion d’or à la Mostra de Venise

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